Médecine régénérative : reprogrammer les cellules pour soigner

[29 décembre 2016 - 08h34] [mis à jour le 29 décembre 2016 à 08h36]

La médecine régénérative a pour objectif de traiter des pathologies à l’aide de cellules préexistant dans notre organisme. Pour ce faire, les scientifiques tentent de reprogrammer des cellules déjà différenciées. Pour y parvenir, une équipe française vient de découvrir un outil qui pourrait favoriser ce processus.

En 2006, des chercheurs japonais ont mis au point une technique pour redonner à des cellules déjà différenciées de l’organisme, leur capacité initiale de programmation. En clair, une cellule cardiaque est rendue à son état de cellule non spécifique, à l’état pluripotent, dit stade iPS, un peu comme une cellule souche.

A présent, l’enjeu consiste à améliorer cette technique, encore peu fiable, et à être capable d’induire une nouvelle différenciation. Plus précisément, lui indiquer qu’elle doit devenir une cellule musculaire ou osseuse par exemple. Objectif, remplacer des cellules défectueuses en raison d’une pathologie par exemple.

Cellules du vieillissement, une aide dans le processus ?

Dans une récente étude, les chercheurs du groupe Plasticité cellulaire et modélisation des maladies et de l’unité Cellules souches et développement (Institut Pasteur/CNRS), se sont intéressés à la reprogrammation des cellules souches musculaires in vivo. Dans le détail, ils ont induit chez des souris, la reprogrammation des cellules musculaires afin d’obtenir des iPS.

A noter que ces rongeurs avaient subi une lésion musculaire, induisant l’apparition de cellules dites « sénescentes ». Lesquelles se manifestent, comme leur nom l’indique, en raison du vieillissement ou encore en cas de cancer ou d’inflammation. « De manière inattendue, des cellules iPS sont apparues plus efficacement en présence de cellules sénescentes », explique l’auteur, premier auteur de l’étude. La présence de ces cellules aurait donc favorisé le processus de reprogrammation.

Pour en savoir plus, les scientifiques ont analysé les molécules sécrétées par les cellules sénescentes. « L’interleukine (IL-6), impliquée dans la phase aiguë de l’inflammation, a été identifiée comme étant un facteur favorisant la reprogrammation », ont-ils observé.

Ces travaux vont se poursuivre afin de « parvenir à maîtriser le destin des cellules non différenciées ainsi obtenues, afin de les faire se redifférencier vers le type cellulaire souhaité pour des applications en médecine régénérative », concluent-ils.

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