Même les prémas entendent des voix…

[28 février 2013 - 17h03] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h55]

Le changement de phonème entraine une augmentation de l’activité cérébrale dans les régions temporales et frontales, notamment à gauche. ©Wallois

Ce n’est plus à démontrer, à la naissance, les nourrissons sont capables de reconnaître la voix de leur maman. Une affirmation tout aussi valable pour les prématurés.  C’est ce que vient de montrer une équipe française.

Les chercheurs de l’INSERM et du CHU Amiens Picardie sont en réalité partis de deux questions :

–          Les capacités auditives du nourrisson sont-elles dues à la présence de mécanismes innés propres à l’espèce humaine pour traiter la parole ?

–          Ou sont-elles dues à un apprentissage rapide au cours des dernières semaines de grossesse ?

Ils ont donc testé  les capacités de discrimination auditive de 12 nouveau-nés prématurés nés 2 à 3 mois avant le terme. « A ce stade de  développement, le cerveau est immature puisque les neurones sont encore en train de migrer vers leur localisation définitive » explique Fabrice Wallois, directeur de l’unité mixte de recherche « Groupe de Recherche sur l’Analyse Multimodale de la Fonction Cérébrale » (Université de Picardie Jules Verne d’Amiens). « Néanmoins, les premières connexions entre le cerveau et le monde extérieur se mettent en place, notamment celles permettant au fœtus d’entendre les sons ».

Réceptif dès 6 mois…

Les auteurs ont exposé les nouveau-nés à deux sons de syllabes proches : « ga » et « ba »,  prononcées soit par un homme soit par une femme. Ils ont enregistré leur réponse cérébrale grâce à une imagerie optique fonctionnelle (spectroscopie proche infra-rouge). Résultat : malgré leur cerveau immature, les prématurés seraient réceptifs aux changements de voix et aux phonèmes.

« Ces résultats démontrent que très précocement, le cerveau est équipé pour traiter les caractéristiques particulières de la parole humaine grâce à une organisation sophistiquée de certaines aires linguistiques cérébrales » concluent les auteurs. « Et ce, dès l’établissement des premières connexions cérébrales, à savoir trois mois avant le terme.»

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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