Touchant 45 millions de patients à travers le monde, la maladie d’Alzheimer est un défi permanent pour la communauté scientifique. Entres autres obstacles, l’impossibilité de diagnostiquer la maladie avant un stade avancé. Mais la donne est peut-être en train de changer. Pour la première fois,  des chercheurs français ont mis au point un modèle animal qui reproduit la progression de la maladie humaine. Ces résultats offrent de nouvelles possibilités pour tester des médicaments et développer un diagnostic par une simple analyse de sang. 

A un stade avancé, la maladie d’Alzheimer se caractérise par deux types de dégénérescence cérébrale : l’agrégation de protéines Tau dans les neurones et l’apparition de plaques de peptides (Aβ42) à l’extérieur des neurones. Problème, les modèles animaux actuels n’expriment que l’un ou l’autre de ces deux phénomènes.

Mais une collaboration française* vient de réussir une prouesse initiée en 2013. Ils ont développé d’une part un modèle de rongeurs présentant les stades très précoces de la maladie, et d’autre part les 2 types de dégénérescence. En clair, des caractéristiques comparables à celles de l’être humain.

Vers un diagnostic et une prise en charge précoces ?

Baptisé AgenT, ce modèle devrait permettre entre autres de :

  • tester de potentiels médicaments afin de caractériser leur efficacité et leurs effets sur les deux types de dégénérescences ;
  • étudier la phase précoce de la maladie, pendant laquelle le développement de celle-ci pourrait être réversible.

Notons qu’une start-up chargée de mettre en œuvre ce modèle est en cours de création.

* CEA, Inserm, Universités Paris-Sud et Paris-Descartes, CNRS

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