Monsieur, cachez ce sein !

[22 février 2013 - 14h26] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h55]

Avant toute intervention, une mammographie pré-opératoire est systématique, ainsi qu’un bilan endocrinen et une échographie testiculaire. © www.chirurgieesthetique-paris.fr

Le sein est le symbole même de la féminité. Pourtant, les hommes peuvent, eux aussi, connaître une augmentation du volume de la glande mammaire. C’est ce que les spécialistes nomment la gynécomastie. Le Dr Yohann Derhy, chirurgien plasticien à Paris, nous en dit plus sur cette pathologie, « pas si rare que cela ».

« La gynécomastie correspond à une hypertrophie glandulaire du sein de l’homme » nous explique-t-il. « Elle se manifeste donc par l’apparition d’un sein. Elle peut être uni ou bilatérale, symétrique ou non.»

Glande ou graisse ?

« Par abus de langage, la gynécomastie caractérise toute protubérance mammaire chez l’homme. Pourtant cette appellation ne devrait être utilisée que s’il s’agit d’un problème glandulaire » précise le Dr Derhy. « En cas de simple surcharge graisseuse sous-cutanée, on parlera d’adipomastie. »

Le plus souvent la gynécomastie est idiopathique, c’est-à-dire qu’il n’existe aucune cause à sa survenue. Par ailleurs, chez l’adolescent, les poussées hormonales peuvent conduire à une augmentation mammaire. Mais cette dernière disparaîtra dans les 2 ans.« Cependant, seul un bilan complet permettra de l’affirmer. Une production hormonale anormale, une éventuelle tumeur testiculaire ou hypophysaire ou une prise médicamenteuse peuvent aussi expliquer la survenue de la pathologie. »

Côté traitement, il sera soit hormonal, soit chirurgical, en fonction de la cause. En cas de gynécomastie provoquée par la prise de médicaments, un changement de thérapeutiques devra être envisagé.

La peau, élément essentiel

Le but de la chirurgie correctrice est de rétablir l’anatomie normale. Soit en réduisant le volume mammaire par exérèse pour les formes glandulaires, ou par liposuccion pour les formes graisseuses. « Cependant », précise Yohann Derhy, « dans 80% des cas, la présence d’une glande est associée à de la graisse. Nous devons donc combiner les deux techniques afin de rendre le résultat final plus harmonieux. »

Autre point d’importance : la qualité de la peau. Car la diminution du volume mammaire va entraîner un excédent cutané. La rétractation sera donc favorisée par la liposuccion et « sera plus nette si la peau est de bonne qualité, ferme, élastique… »

Et après ?

« Suite à l’opération, un gilet compressif devra être porté en permanence pendant un ou deux mois.» Quant à une éventuelle prise en charge de l’opération, « elle est assez rare et doit répondre à des conditions définies : une gynécomastie pouvant poser un problème d’ordre sexuel ou psychologique, en particulier une gynécomastie asymétrique, douloureuse… ».

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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