Morts subites : la revue Prescrire pointe du doigt la dompéridone

[19 février 2014 - 16h51] [mis à jour le 19 février 2014 à 17h09]

Sur le marché du médicament, la dompéridone (Motilium® ou équivalent) serait-elle en passe de devenir persona non grata? Assurément « Oui » répondent les rédacteurs de la revue Prescrire. Selon eux, cette molécule, indiquée dans le traitement des nausées et des vomissements n’aurait qu’une « efficacité limitée ». Plus préoccupant, elle aurait été à l’origine de 25 à 120 cas de mort subite en France en 2012.

Selon l’Agence nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), la dompéridone « est indiquée chez les adultes pour le soulagement des symptômes de type nausées et vomissements (…) Elle est également indiquée chez les enfants pour le soulagement des symptômes de type nausées et vomissements. »

Problème, pour les rédacteurs de Prescrire, « son efficacité demeure modeste. Pire, on sait que cette classe pharmaceutique expose à des troubles du rythme cardiaque. Depuis 2005, plusieurs études épidémiologiques ont montré que les morts subites cardiaques sont environ 1,6 à 3,7 fois plus fréquentes en cas d’exposition à la dompéridone. » Elément que ne nie pas l’ANSM, puisqu’il est précisé sur son site « qu’une faible association avec des morts subites a été mise en évidence (…) Malgré tout, le rapport bénéfice/risque de la dompéridone demeure positif » estime l’Agence.

En 2012 en France, environ 7% des adultes se sont vus prescrire cette molécule, soit environ 3 millions de personnes. « En rapprochant ces données et la fréquence des morts subites en France, des hypothèses prudentes rendent vraisemblable qu’environ 25 à 120 morts subites lui ont été imputables » en déduisent les rédacteurs de la Revue Prescrire.

En mars prochain, l’Agence européenne du médicament (EMA) doit se prononcer sur la dompéridone. « Mais il est à craindre qu’elle se contente de préconiser des baisses de posologie ou de durée de traitement » déplorent ces derniers.

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