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Le 22 janvier 2026, un premier cas confirmé de Mpox a été identifié à la Réunion par l’Agence Régionale de Santé. Il s’agit d’une personne résidant sur l’île et revenant de Madagascar, pays où le virus circule activement.
Cette situation rappelle qu’en 2022-2023, plus de 86 000 cas avaient été confirmés dans 110 pays (dont 52 en France), faisant une centaine de morts. Situation qui avait conduit l’OMS à déclarer une urgence de santé publique de portée internationale.
Bien que le nom « variole du singe » provienne de la découverte du virus chez des singes de laboratoire en 1958, les chercheurs soupçonnent depuis longtemps les rongeurs et autres petits mammifères d’Afrique d’en être les hôtes réservoirs.
C’est dans ce contexte qu’une équipe de chercheurs a fait une découverte décisive dans le Parc National de Taï, en Côte d’Ivoire. Tout a commencé le 27 janvier 2023, lorsque des scientifiques ont remarqué qu’un bébé mangabey (une espèce de singe) présentait des lésions cutanées caractéristiques. Deux jours plus tard, l’animal était mort. Rapidement, d’autres singes ont été touchés, tous atteints de Mpox.
Pour les chercheurs qui étudiaient ces populations animales depuis des années, cette épidémie représentait une occasion unique d’investiguer l’origine des flambées de cette forme de variole et d’identifier le réservoir naturel du virus. L’équipe de Fabian Leendertz, vétérinaire spécialiste de la faune sauvage au Helmholtz Institute for One Health (Allemagne) a donc mené l’enquête pour remonter la piste du Mpox.
Les scientifiques ont d’abord analysé des échantillons fécaux provenant du groupe de singes, découvrant des traces du virus dans des dizaines d’entre eux. Certains échantillons dataient même de début décembre 2022, suggérant que le virus circulait initialement sans causer de maladie.
Ils ont ensuite examiné des centaines de rongeurs et musaraignes piégés ou retrouvés morts dans le parc au cours des cinq dernières années. Un seul échantillon s’est révélé positif : celui d’un écureuil à pattes rousses retrouvé mort dans la forêt le 3 novembre 2022, près de trois mois avant le début de l’épidémie chez les singes.
L’hypothèse des chercheurs ? Un mangabey aurait contracté le virus en mangeant un écureuil infecté. Pour vérifier cette piste, ils ont recherché l’ADN d’autres espèces animales dans les échantillons fécaux des singes prélevés pendant les 16 semaines précédant l’épidémie. Et effectivement, ils ont trouvé deux échantillons contenant l’ADN de l’écureuil à pattes rousses. L’un de ces deux échantillons, prélevé le 6 décembre 2022, était également le plus ancien échantillon fécal contenant de l’ADN du Mpox, écrivent les chercheurs dans leur recherche publiée en 2025 dans la revue Nature. Cet animal était la mère du bébé mangabey qui constituait le premier cas identifié.
« L’exposition à ces écureuils est probablement aussi responsable de certaines épidémies de Mpox chez l’humain », commente Yap Boum, biologiste aux Centres africains de contrôle et de prévention des maladies.
Citée par la revue Science, Martine Peeters, virologue à l’Institut national de la recherche pour le développement (INRD) se dit convaincue que cet écureuil est le réservoir du virus. « Il est maintenant important de comprendre les contacts entre les humains et les écureuils. Sont-ils mangés ? Par qui ? Y a-t-il plus de contacts entre les humains et ces animaux aujourd’hui qu’auparavant ? », conclut-elle. Car comprendre les mécanismes de transmission depuis le réservoir animal pourrait aider à mieux cibler les mesures de prévention.
A noter : Le virus peut se transmettre entre personnes. Les principaux modes de transmission connus sont un contact physique rapproché, notamment lors d’un rapport sexuel, par le contact de la peau ou des muqueuses avec les lésions cutanées d’une personne infectée.

Source : https://www.science.org/content/article/how-do-mpox-outbreaks-start-dead-baby-monkey-provides-important-clue - https://www.nature.com/articles/d41586-025-00990-8

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet