Une découverte concernant le mécanisme de la mucoviscidose pourrait ouvrir la voie à un traitement pour tous les patients. Des chercheurs de l’Inserm viennent en effet de faire un pas supplémentaire vers le rétablissement des fonctions respiratoires. Un espoir pour les malades qui disposent aujourd’hui d’une espérance de vie de 40 ans en moyenne.

La mucoviscidose est une maladie génétique grave affectant les fonctions digestives et pulmonaires. Elle est liée à la déficience d’un gène instable, codant pour la protéine CFTR (Cystic Fibrosis transmembrane Conductance Regulator).

Lorsque cette protéine est rendue déficiente par le gène, l’échange d’ions chlorure entre l’intérieur et l’extérieur des cellules ne se fait pas. Résultat, « au niveau pulmonaire, le dysfonctionnement induit des cycles d’infections et d’inflammations chroniques qui aboutiront à la destruction de l’épithélium pulmonaire », expliquent les scientifiques de l’Inserm. Provoquant ainsi les symptômes de la mucoviscidose.

Contourner le canal déficient

Les thérapies développées depuis la découverte du gène CFTR en 1989 « ne concernent qu’une petite partie des patients avec des effets relativement faibles ». Mais en 2008, un nouveau canal est identifié : Anoctamin-1 (ANO1). Celui-ci a été « imaginé comme cible thérapeutique pour rétablir l’échange d’ions chlorure », déficient chez les malades.

En travaillant sur cette voie, l’équipe d’Olivier Tabary (Unité Inserm 938 Centre de recherche Saint-Antoine) vient de mettre en évidence l’effet inhibiteur d’un microARN (mirR-9) sur le canal ANO1. Pour ce faire, les chercheurs ont réussi, « grâce à la synthèse d’une séquence d’acides nucléiques » à « empêcher la fixation de miR9 sur ANO1, permettant ainsi de stopper l’inhibition du micro-ARN sur le canal chlorure et de rétablir son fonctionnement ».

« Une telle stratégie permettrait de cibler à terme l’ensemble des patients quelle que soit la mutation, et de corriger des paramètres majeurs dans le développement de la physiopathologie des patients atteints », conclut Olivier Tabary.

A noter : la mucoviscidose touche en moyenne 1 nouveau-né sur 4 500.

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