D’après l’enquête Fecond, 6,3% des hommes déclarent ne pas avoir d’enfant et ne pas en vouloir, contre 4,3% des femmes. Principales raisons invoquées, la volonté de rester libre et le fait d’avoir d’autres priorités. Pour tous les autres, la grande majorité, comment expliquer le désir de fonder une famille ?

Il y a quelques dizaines d’années, les regards portés sur la maternité et la paternité étaient relativement caricaturaux. On attendait des femmes, biologiquement programmées pour enfanter, qu’elles rêvent forcément de devenir mamans. Sur les hommes pesait une responsabilité plus sociale, plus philosophique. Ils se devaient de continuer à transmettre leur nom et de revêtir une posture de chef de famille. Mais on le sait aujourd’hui, les choses sont bien plus nuancées.

« Evidemment, comme tous les mammifères, l’être humain est biologiquement animé par la nécessité de reproduire l’espèce. Chez l’homme, c’est particulièrement marqué entre 20 et 40 ans », rappelle Saverio Tomasella, psychanalyste, auteur de « Faire la paix avec soi-même ». « Mais même si les hormones jouent un rôle, elles ne sont pas déterminantes. Bien d’autres facteurs entrent en ligne de compte dans le désir ou non d’avoir un enfant. »

Pour le psychanalyste, cela tient en partie à la façon dont l’homme s’investit dans sa relation de couple. « S’il est dans le schéma du petit garçon qui retrouve auprès de sa compagne le confort de vie, la sécurité affective que pouvait lui apporter sa mère, il ne va ressentir aucune urgence à devoir partager tout cela avec un vrai bébé. » Quand ces hommes franchissent le pas, c’est d’abord par amour pour leur compagne, parce qu’ils ressentent la pression de leur entourage familial…

Autre possibilité, l’homme se positionne d’emblée dans une relation d’adulte à adulte avec sa partenaire. « Même très jeunes, ces hommes peuvent alors ressentir un désir de paternité très fort. Mais tous ne vont pas forcément s’autoriser à le vivre. Ils peuvent craindre de perdre leur indépendance, avoir peur de reproduire un schéma familial dont ils ont souffert quand ils étaient enfants… »

Rien n’est écrit à l’avance 

Quant aux hommes qui font un enfant sur le tard avec une femme plus jeune, ce n’est pas forcément uniquement pour lui faire plaisir et ne pas la perdre, comme la société le pense encore souvent. « Riches de leur expérience de vie, rassurés de pouvoir apporter à leur enfant une certaine sécurité matérielle et financière, des hommes de 50-60 ans éprouvent un désir de paternité bien réel », souligne Saverio Tomasella.

Il existe donc autant de cas de figures que d’histoires de vie. Et rien n’est jamais écrit à l’avance. Un homme dont tout le monde disait « celui-là, il n’aura jamais d’enfant » peut devenir un père au foyer rayonnant. Et un autre, élevé dans l’idée qu’il deviendrait père de famille nombreuse comme son père avant lui, peut s’épanouir sans enfant.

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