Des nanoparticules cachées dans les confiseries ?

[24 août 2017 - 10h41] [mis à jour le 24 août 2017 à 16h02]

Selon 60 millions de consommateurs, de nombreuses sucreries renfermeraient des nanoparticules. Une information passée sous silence par les industriels. Après avoir testé 18 marques de sucreries et de gâteaux, le magazine a en effet constaté que 100% d’entre elles contiennent du dioxyde de titane !

Les nanoparticules sont des substances (oxyde de fer, silicium, dioxyde de titane, etc.) dont les plus petites particules ont un diamètre inférieur à 100 nanomètres (nm), soit un dix-millionième de mètre.

« Voilà des années que l’industrie agroalimentaire assure ne pas utiliser d’ingrédients à base de nanoparticules », lance le magazine 60 millions de consommateurs. « Soucieux de vérifier ces allégations, nous avons lancé des analyses sur dix-huit produits sucrés. Notre choix s’est porté sur des bonbons, des gâteaux et des desserts glacés particulièrement appréciés des enfants et susceptibles de contenir du dioxyde de titane (le colorant E171) sous forme nanoparticulaire. »

Résultat, tous les échantillons, sans exception, contiennent des nanoparticules de dioxyde de titane ! « La mention ‘nano’ aurait donc dû figurer sur leurs étiquettes, conformément au règlement européen Inco. Or, tel n’est pas le cas. »

Alors de deux choses l’une : soit les marques ignorent la présence de nanoparticules dans les ingrédients qu’elles utilisent. Ce qui en soit est assez inquiétant. Soit elles nient le problème. Ce qui est tout aussi problématique.

Un risque pour la santé ? Le débat est ouvert

« Mauvaise foi ou ignorance ? » interroge le magazine. Difficile à savoir. « Peut-être que les industriels n’ont pas accès à toutes les informations auprès de leurs fournisseurs. Peut-être aussi s’abritent-ils derrière une définition de la Commission européenne datant de 2011, selon laquelle un matériau est « nano » s’il contient au minimum 50% de particules de dimensions comprises entre 1 nm et 100 nm ».

Rappelons qu’au-delà de leurs capacités technologiques (modification de la couleur, de l’odeur ou encore de la texture d’un aliment), il convient de déterminer si l’ingestion de nanoparticules est réellement inoffensive. En janvier 2017, des chercheurs de l’INRA avaient montré (chez le rat) qu’un additif alimentaire (E171) couramment utilisé en confiserie était capable de pénétrer la paroi intestinale et de provoquer des troubles du système immunitaire. Le ministère en charge de la santé avait alors calmé le jeu, arguant qu’il était prématuré « d’extrapoler ces conclusions à l’homme ».

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