Nodules bénins de la thyroïde : chauffer le nodule pour le faire diminuer ?

[19 avril 2019 - 10h00] [mis à jour le 18 avril 2019 à 16h43]

En temps normal, les patients atteints de nodules bénins de la thyroïde bénéficient de la chirurgie. Mais une nouvelle technique moins invasive passe au banc d’essai pendant 2 ans, au CHU de Toulouse. Il s’agit de la thermo-ablation, geste consistant à réchauffer les tissus…

Pendant 2 ans, des médecins* du CHU de Toulouse vont tester l’efficacité de la thermo-ablation par radiofréquence auprès de 40 patients, porteurs de nodules thyroïdiens bénins. Une alternative à l’approche invasive et communément employée… la chirurgie.

Comment ça marche ? Réalisé en ambulatoire, cet acte consiste à introduire une électrode pour « chauffer le nodule à un minimum de 30 à 60°C afin de le détruire de manière irréversible ». Réalisé en moins d’une heure la plupart du temps, ce geste est effectué « sous anesthésie locale et/ou sous légère sédation et par un abord percutané sous contrôle échographique ». Le patient sort dans les quelques heures suivant l’intervention.

L’étude menée au CHU de Toulouse permettra « d’évaluer la réduction de la taille du nodule** et le taux de réponse un an après l’intervention ». A terme, l’idée est de proposer la thermo-ablation en routine, et de réaliser « les examens, l’intervention et les consultations sur une seule journée ».

Sans recours à la chirurgie, les avantages sont multiples : le patient évite « la cicatrisation, les chutes de calcium, les modifications de la voix, et la nécessité de prendre un traitement hormonal à vie, la L Thyroxine ». Sans oublier bien entendu les multiples économies liées notamment à une hospitalisation d’une seule journée et des arrêts de travail moins longs.

Les nodules de la thyroïde très fréquents ?

Après 60 ans, une femme sur deux développe des nodules bénins de la thyroïde. Dans 95% des cas, ils sont de nature bénigne. « Ils ne provoquent aucune gêne la plupart du temps mais parfois, du fait de leur taille ou localisation », ils altèrent la respiration ou la déglutition et peuvent devenir inesthétiques.

A noter : en France, le nombre d’ablation de la thyroïde totale ou partielle est 5 fois plus élevé qu’aux Etats-Unis.

* le Dr Claire Renaud, service de chirurgie thoracique du Pr Laurent Brouchet et le Dr François Blain, radiologue intervenant au sein du service d’Imagerie Médicale (Rangueil – Larrey) du Pr Hervé Rousseau, en collaboration avec les équipes d’endocrinologie du Pr Philippe Caron
** « La surveillance sera échographique à 3 mois après l’intervention, puis à 6 mois et 1 an. »

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