Noël approche à grands pas mais le temps est incompressible : il reste un mois avant l’ouverture des cadeaux ! Pourtant, vos petits ne cessent de réclamer jouets et autres sucreries. Alors comment aider les enfants à faire preuve de patience ? Les précisions du Pr Philippe Duverger, pédopsychiatre au  CHU d’Angers.

 Plus qu’un mois avant le débarquement des cadeaux de Noël au pied du sapin. Mais 30 jours à attendre, pour un enfant, c’est long. D’autant plus que les petits n’ont pas nécessairement la notion du temps qui passe. Mais d’où provient l’incapacité à attendre des enfants ? Stimulante, numérique, accélérée… notre société actuelle nous a plongé dans l’ère du ‘tout et tout de suite’ !

« Comme certains adultes, les enfants sont de plus en plus sujets à une incapacité à gérer l’attente », précise le Pr Duverger. Dès novembre, la patience est de rigueur. « Elle est l’une des clés pour apprécier pleinement cette période festive et les moments associés à Noël, outre l’ouverture des cadeaux ».

Expliquez et tempérez

En cas de forte impatience, ou en prévention de cette réaction, il est donc conseillé aux parents d’expliquer aux petits que les cadeaux arriveront le 24 et/ou le 25. En faisant preuve de fermeté, expliquez à votre enfant que   « l’immédiateté n’est pas toujours la source du bonheur », continue le Pr Duverger. Autre point, faites-lui comprendre que tous les enfants sont dans le même cas que lui, que le plaisir est d’autant plus intense quand il est le fruit de la patience, que c’est pareil dans le monde des adultes.  « Là le mécanisme de l’identification du ‘je fais comme’ pourra fonctionner. »

Ne penchez pas non plus vers les extrêmes. Le pédopsychiatre déconseille d’entrer dans une relation dite séductrice où les parents reviennent sur leurs paroles et en viennent à déroger à leurs principes. « Par exemple, ne cédez pas à la tentation en lui achetant des petits cadeaux avant Noël  pour le faire patienter ». Ne lui faites pas non plus de chantage, du type ‘si tu n’es pas patient tu n’auras pas de cadeaux’. Cette approche ne fait que forger l’incompréhension et l’isolement de l’enfant. »

Aidez-le à comprendre

Il faut aussi « lui expliquer les raisons de cette attente et leur faire comprendre qu’il n’est pas question de négocier ». Cette position va aider l’enfant à gérer la frustration. Le laisser dans l’incompréhension risquerait au contraire de « créer une instabilité voire une angoisse, une tension psychique et de nourrir la quête du ‘toujours plus’. L’enfant saura alors mobiliser ses ressources et se réfugier en son for intérieur pour attendre ».

Mieux vaut donc lui apporter un discours cohérent et rassurant: « il faut attendre c’est comme ça, mais on peut aussi faire d’autres choses pendant ce mois qui nous sépare du jour J ». A ce moment, la notion du  « faire ensemble » contribue à créer un cocon rassurant. Privilégiez les activités comme la préparation du sapin de Noël, des activités manuelles, des sorties en ville ou la préparation d’un plateau de friandises. Et n’oubliez pas le rituel quotidien comme le calendrier de l’avent, un morceau de chocolat chaque jour pour commencer le compte à rebours. Et selon l’âge de vos enfants, vous pouvez aussi les impliquer dans les idées du menus, le choix de la décoration dans la maison et à table pour le jour J.

Besoin d’aide ?

Apprendre la patience à votre enfant l’aide à se préparer à la vie d’adulte jalonnée par le plaisir mais aussi les frustrations et une impossible immédiateté. En cas de débordements (crises de colères réitérées, renfermement sur lui-même prolongé, sommeil perturbé, refus de s’alimenter…), la situation peut devenir complexe à gérer. Sans entrer dans le caractère pathologique, si vous en éprouvez le besoin, « n’hésitez pas à consulter pour comprendre les réactions de l’enfant et trouver des solutions à travers la communication, la souplesse, sans faire preuve ni de laxisme ni de rigidité ».

Dernier élément : sur le long terme, le manque chronique de patience s’explique aussi – en partie – par l’évolution des rapports aux jeux. . Une pression du doigt sur l’écran tactile et pour le petit, tout se déroule dans la seconde.  Le numérique a certes des bienfaits, mais la progression dans un jeu vidéo n’engage – par exemple – pas les mêmes processus que l’élaboration progressive – parfois fastidieuse – d’une maquette de bateau. A vous de trouver le juste équilibre au moment d’offrir des cadeaux.

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