Bloquer le développement du paludisme chez l’être humain, mais également sa transmission ! Ce sont les espoirs que laissent entrevoir les travaux d’une équipe suisse. Des chercheurs de l’Université de Genève viennent en effet d’identifier deux enzymes essentielles à la survie du parasite ainsi qu’une molécule capable de les inhiber.

Le paludisme est une maladie parasitaire responsable de la mort de plus de 500 000 personnes chaque année dans le monde. A l’heure actuelle, les stratégies thérapeutiques restent limitées. Une équipe helvète apporte pourtant un nouvel espoir dans la prise en charge de la pathologie.

« Plasmodium – le parasite responsable du paludisme – est intracellulaire obligatoire », explique le Pr Dominique Soldati-Favre, microbiologiste à l’Université de Genève. « Cela signifie que sa survie et sa dissémination reposent sur sa capacité à entrer, se répliquer et ressortir des cellules hôtes. Nous avons découvert que deux enzymes, appelées protéases aspartiques, sont essentielles pour que le parasite puisse pénétrer et sortir de sa cellule hôte ». L’une étant chargée du développement de la pathologie et l’autre de sa virulence.

Combattre l’infection et la transmission

« Plasmodium a un cycle de vie complexe et rencontre des cellules hôtes très différentes, que ce soit dans le sang, le foie ou même dans l’intestin du moustique. Ce qui est incroyable, c’est qu’à chaque fois, il utilise ces deux mêmes protéases aspartiques », continuent les chercheurs.

La mise en avant de ces enzymes n’est que le premier résultat de cette recherche. Car les scientifiques sont parvenus à découvrir une molécule capable de bloquer les deux protéases en même temps. Voilà qui, « pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les parasitoses. Nous pouvons espérer combattre la maladie chez l’Homme mais aussi interrompre la transmission du parasite au moustique, la seule manière de réellement juguler ce fléau. »

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