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Un chagrin d’amour peut-il être une raison légitime pour poser un congé maladie ? Il a en tout cas été un motif d’absence, arrêt maladie ou congé, pour 1 salarié sur 3, selon le Heartbreak leave report réalisé par Zety (concepteur de CV en ligne) et publié début février. Menée auprès de 1 020 salariés américains, l’étude souligne une baisse de la performance au travail après une rupture amoureuse. 43 % des personnes interrogées constatent une perte de productivité, tandis que 38 % d’entre eux évoquent une baisse de motivation et d’engagement. Un salarié sur trois estime qu’un congé pour chagrin d’amour devrait exister et 43 % qu’ils y auraient recours si cela existait. Alors que 40 % d’entre eux jugent qu’au moins 3 jours de congé après une rupture sont nécessaires, 23 % aimeraient bénéficier d’un ajustement des délais ou de la charge de travail. Ils sont près de 17 % à constater un impact négatif sur leurs relations avec leurs collègues ou leur hiérarchie quand 23 % d’entre eux estiment que la rupture à un impact sur leur prise de décision ou leur capacité à résoudre des problèmes.
Les jeunes sont davantage concernés que leurs aînés. Ainsi, « les salariés de la génération Z sont les plus concernés (47 %), devant les millennials (45 %), la génération X (31 %) et les baby-boomers (11 %) », note l’étude. Et les hommes (36 %) sont plus nombreux que les femmes (28 %) à poser des jours après une rupture.
L’idée d’un congé pour chagrin d’amour n’est pas à l’ordre du jour en France. Toutefois, celui-ci pourrait être davantage pris en compte, par les managers, afin notamment de ne pas laisser les difficultés s’installer. Outre ce sondage, il existe plusieurs études qui éclairent sur les conséquences, pour la santé mentale, des ruptures amoureuses. Ainsi, les auteurs d’une étude publiée en 2011 expliquent que le fait de vivre une rupture était associé à une augmentation de la détresse psychologique et à une baisse de la satisfaction de vie (entre l’avant et l’après-rupture).
Dans une autre étude, « des corrélations hautement significatives » ont été observées entre la rupture amoureuse et la dépression. A tel point que, selon les auteurs de l’étude, l’expérience d’une rupture amoureuse constitue un modèle pertinent pour examiner les symptômes dépressifs chez les personnes sans trouble psychiatrique. Dans un travail de 2025, il a été montré que ceux qui avaient vécu une rupture dans les six mois précédents étaient plus à risque d’idées suicidaires, d’anxiété, de dépression et de dépendance à l’alcool.
Les ruptures amoureuses peuvent nuire à la santé mentale mais aussi physique. En 2016, la Fédération française de cardiologie alertait sur les effets néfastes d’un chagrin d’amour pour le cœur. Le Tako-Tsubo, ou syndrome du cœur brisé, résulte en effet d’un stress émotionnel aigu et provoque des symptômes proches de l’infarctus. Sous l’effet d’une libération massive des hormones du stress, une partie du cœur peut ne plus se contracter. « Parmi les symptômes, beaucoup peuvent évoquer une crise cardiaque : essoufflement brutal, douleur brutale dans la poitrine, arythmie, perte de connaissance, malaise vagal », rappelait la professeure Claire Mounier-Vehier, alors présidente de la Fédération Française de Cardiologie.

Source : Zety, fédération française de cardiologie

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet