Cancer de la peau : des chercheurs découvrent un point faible du mélanome

09 février 2026

Des scientifiques français viennent d'identifier une enzyme clé qui pourrait devenir le talon d'Achille du mélanome, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques contre ce cancer agressif de la peau.

Le mélanome, la forme la plus dangereuse des cancers de la peau, est particulièrement redouté pour sa capacité à produire rapidement des métastases et à développer des résistances aux traitements. Mais une lueur d’espoir vient d’apparaître grâce aux travaux de chercheurs niçois.

L’équipe dirigée par Marcel Deckert, directeur de recherche Inserm au Centre méditerranéen de médecine moléculaire à Nice, a mis en lumière un mécanisme biologique crucial dans l’agressivité du mélanome. Leur étude, dont les résultats sont détaillés dans le magazine de l’Inserm, révèle qu’une enzyme appelée USP9X joue un rôle déterminant dans la progression de ce cancer.

Comment fonctionne les « gardes du corps » des cellules cancéreuses ?

Production de métastases et résistance aux traitements dépendent de la rigidité du tissu qui entoure la tumeur – ce que l’on appelle la matrice extracellulaire – et de la préservation de protéines utiles aux cellules cancéreuses.

« Toutes les cellules de l’organisme réagissent aux forces mécaniques exercées par leur environnement immédiat, explique Marcel Deckert. Dans le cas du mélanome, la rigidification de la matrice extracellulaire provoque dans les cellules tumorales l’accumulation d’une protéine appelée YAP. Cette dernière pénètre dans le noyau. Elle y aide alors à lancer les programmes génétiques responsables de la prolifération, de l’invasion et de la résistance aux traitements des cellules cancéreuses. »

Par ailleurs, « les cellules tumorales produisent beaucoup de protéines, mais elles n’aiment pas trop les garder, poursuit Deckert. Grâce à des enzymes particulières, elles dotent les protéines en trop de sortes ‘d’étiquettes’, les ubiquitines, qui indiquent au protéasome, l’usine à incinération cellulaire, qu’il faut les éliminer. »

C’est là qu’intervient USP9X : différentes analyses en laboratoire ont permis de montrer que cette enzyme agit comme un « garde du corps » pour YAP en retirant les étiquettes, la protégeant ainsi de la destruction.

Est-il possible de limiter la résistance aux traitements ?

Face à ce constat, l’équipe a évalué si le fait d’inhiber USP9X chez des souris porteuses d’un mélanome similaire au cancer humain pouvait présenter un intérêt. Résultat, si ce blocage ralentit légèrement la progression de la tumeur, il ne l’éradique pas. En revanche, l’inhibition d’USP9X combinée au traitement couramment utilisé pour ce type de cancer augmente significativement la survie des souris. Plus précisément, la rechute est fortement retardée, « ce qui est une avancée majeure », précisent les chercheurs. Et pour cause, « chez les malades, le traitement est efficace au début, mais les rechutes sont rapides et fréquentes, décrit le chercheur. La raison est que, de manière paradoxale, les thérapies induisent une reprogrammation cellulaire qui permet à la tumeur de mieux leur résister. Or YAP est impliquée dans cette adaptation délétère pour les malades. Donc nos travaux montrent qu’en empêchant USP9X de protéger YAP, on entrave cette résistance, ce qui évite les rechutes et la formation des métastases. »

Une bonne nouvelle frustrante néanmoins. Car, il reste à développer des inhibiteurs utilisables chez l’être humain, « ce qui va demander encore de nombreuses années de recherche », concluent les scientifiques.

  • Source : https://www.inserm.fr/actualite/comment-le-melanome-sadapte-a-son-environnement/

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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