Naître sans oreille : au CHU de Lille, une technique permet de reconstruire le pavillon des enfants

09 février 2026

Chaque année en France, 1 enfant sur 10 000 naît avec une microtie, c’est-à-dire une absence partielle ou totale du pavillon, la partie visible de l’oreille. Dans un communiqué du 4 février, le CHU de Lille détaille une nouvelle technique de reconstruction du pavillon par implant synthétique. Présentation.

Naître avec une malformation congénitale qui affecte le développement de l’oreille externe. Cette situation, au-delà de son impact physiologique, peut entraîner d’importantes conséquences psychologiques chez l’enfant.

Mais une technique révolutionnaire de reconstruction du pavillon d’oreille par implant synthétique pourrait bien changer la donne. Cette procédure, développée par le Dr John Reinisch à Los Angeles, est désormais réalisée dans deux établissements publics français : l’hôpital Necker-AP-HP à Paris et le CHU de Lille.

Une seule opération

L’innovation majeure de cette approche réside dans sa « simplicité » : contrairement aux autres méthodes de reconstruction, celle-ci ne nécessite qu’une seule intervention chirurgicale. L’implant utilisé est fabriqué en polyéthylène poreux, un matériau qui présente une excellente biocompatibilité avec l’organisme.

« L’implant est réalisé sur-mesure, à la taille définitive de l’oreille de l’enfant. Elle peut donc se garder toute une vie », explique le service ORL pédiatrique du CHU de Lille dans un communiqué.

L’enfant au cœur de la décision

Un aspect important de ce protocole médical est la place accordée aux souhaits de l’enfant. Bien que l’opération soit techniquement réalisable dès l’âge de trois ans et demi, en France, elle n’est proposée qu’à partir de six ans, âge auquel les enfants peuvent exprimer leur propre désir de transformation.

« C’est vraiment la motivation première, il faut que l’enfant soit demandeur d’une modification de son physique, précise le Dr Hélène Broucqsault, spécialiste au service ORL pédiatrique à l’hôpital Jeanne de Flandre du CHU de Lille. « Si les enfants sont réellement gênés par l’asymétrie esthétique, alors on leur propose cette reconstruction d’oreille. »

Une pédopsychologue accompagne systématiquement le processus décisionnel, s’assurant que l’enfant est psychologiquement prêt à affronter les contraintes inhérentes à cette chirurgie et à ses suites.

Une journée d’opération

L’intervention elle-même représente une prouesse technique qui occupe une journée entière au bloc opératoire. À l’issue de l’opération, une coque en silicone, également réalisée sur mesure, est posée sur l’oreille nouvellement reconstruite. Cette protection temporaire est retirée après deux semaines.

Les résultats sont rapidement visibles : « un mois après la chirurgie, l’oreille a déjà un aspect très satisfaisant et s’apparente rapidement à l’oreille normale », indique l’équipe médicale du CHU de Lille.

Accessible gratuitement en France, contrairement aux États-Unis

Enfin, dernier aspect remarquable, contrairement aux Etats-Unis où cette intervention est facturée 100 000 dollars, en France, cette technique innovante est prise en charge intégralement : aucun frais n’est à la charge des familles. Par ailleurs, les patients bénéficient d’un suivi médical à vie au sein du CHU de Lille.

  • Source : CHU de Lille

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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