L’Agence de sûreté nucléaire vient d’annoncer l’extension de 10 à 20 km du Plan particulier d’intervention (PPI) en cas d’alerte nucléaire autour des centrales. Parmi les mesures, la distribution de comprimés d’iode à tous les habitants dans ces secteurs géographiques. Pourquoi de l’iode ?

Désormais, tous les habitants des zones situées dans un rayon de 20 km autour des 19 centrales nucléaires françaises recevront un courrier leur annonçant l’inclusion de leur commune dans la nouvelle aire du PPI. En clair, cela signifie qu’en cas d’accident nucléaire ces régions sont considérées comme exposées à un risque important de contamination. Par conséquent, les mesures de prévention et de réaction d’urgence y seront désormais appliquées.

Parmi ces mesures, la mise à disposition de comprimés d’iode pour les 2,2 millions de personnes concernées par cette extension. Dès septembre prochain, tous ces habitants pourront aller chercher ces comprimés dans les pharmacies de leur commune.

A quoi servent ces comprimés ?

L’iodure de potassium se présente sous forme de comprimés qui, une fois absorbés, génèrent de l’iode stable. « L’ingestion (de ces comprimés) permet de saturer la thyroïde en iode. Cela empêche l’iode radioactif de s’y fixer », nous expliquait le Pr François Chast, chef du service de Pharmacologie – toxicologie de l’Hôtel-Dieu (Paris) après l’accident de Fukushima en 2011. En cas d’exposition de la population à des éléments radioactifs, « il est préconisé d’administrer aux adultes un comprimé de 100mg d’iode. Pour un nouveau-né, 1/8 de comprimé, et pour les enfants de moins de 40kg, un demi comprimé », précisait-il.

Toute personne demeurant à moins de 20 km d’une centrale nucléaire devra donc à partir de septembre disposer de ces comprimés à domicile. Dans le cas contraire, et si un accident devait survenir, les pharmaciens devraient être en mesure de fabriquer des litres de solution buvable d’iode.

Dans tous les cas, ces comprimés ne doivent être administrés que sur instruction des autorités sanitaires. Leur absorption hors exposition importante à d’agents radioactifs n’est en effet pas dénuée de risques. Celle-ci peut en effet provoquer une hyperthyroïdie ou une hypothyroïdie, selon les cas.

Partager cet article