Accueil » Santé Publique » Nucléaire en Pays de la Loire et Bretagne : 87 inspections, 3 incidents mineurs

« Avant, seule une dizaine de personnes était mandatée pour contrôler la sécurité nucléaire sur l’ensemble du territoire français. Aujourd’hui nous sommes plus de 400 » lance Pierre Siefridt, chef de la division de Nantes de l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN). « Avant » c’est-à-dire jusqu’en 2006, lorsqu’une loi porte création de cette autorité administrative indépendante et décentralisée. Après deux années de services, l’ASN de Nantes fait le bilan.
Onze divisions régionales ont en charge le contrôle des installations nucléaires et des transports de matières radioactives en France. Celle de Nantes regroupe les Pays de la Loire et la Bretagne. Deux régions qui renferment une soixantaine d’installations nucléaires principales. Parmi ces dernières outre 2 réacteurs de recherche figurent 3 centres régionaux de lutte contre le cancer, 15 centres de radiothérapie, 18 services de médecine nucléaire. Mais également 22 établissements de radiographie industrielle.
En 2007, l’ASN de Nantes par exemple a réalisé 87 inspections de terrain. Seuls 3 incidents mineurs ont été relevés : un patient qui a reçu un léger surdosage lors de séances de radiologie au CHU de Brest ; la perte d’une sonde dans la vase du port de Saint-Nazaire et le vol d’un matériel de classe de terminale faiblement radioactif dans un lycée nantais. « Ce n’est vraiment pas beaucoup » explique Pascal Guillaud, l’adjoint au chef de la division. « Dans le secteur médical, sur les 18 000 patients traités chaque année dans les deux régions, nous n’avons rencontré aucun problème sérieux ».
En revanche, les résultats sont plus contrastés dans le secteur industriel. Le manque de rigueur de quelques équipes sur les chantiers, voire des lacunes de formation, sont deux points à améliorer sur le terrain. Il ne s’agit pas là d’une spécificité régionale, comme le confirme le rapport de synthèse nationale rendu public aujourd’hui par l’ASN.
Pour Pierre Siefridt, ces insuffisances seraient dues à un problème de mentalités : « la culture de la radioprotection n’est pas encore installée dans les milieux industriels français. Notre travail est de l’inculquer ». En attendant l’émergence de cette culture, l’ASN préconise « un renforcement général des effectifs, de la formation (aussi bien dans le secteur médical qu’industriel) et une meilleure déclaration des incidents à l’ASN ».

Source : Conférence de presse de la division nantaise de l’ASN, Nantes, 11 avril 2008
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