Accueil » Santé Publique » Obésité, chirurgie, dépendance alcoolique…

Cette forme de chirurgie est de plus en plus couramment pratiquée aux Etats-Unis. Outre-Atlantique en effet, la proportion d’obèses dans la population adulte atteint 35,7%. Grâce à ces interventions qui permettent de réduire le volume des apports alimentaires, il est possible d’intervenir sur différents facteurs de risque cardiovasculaire, de réduire le poids et l’appétit … Cependant, cette approche thérapeutique à la fois « efficace et durable » présenterait un inconvénient : elle favoriserait le risque de dépendance à l’alcool.
Le Dr Wendy King et son équipe de l’Université de Pittsburgh aux Etats-Unis, sont en effet parvenus à cette conclusion après avoir suivi plus de 2 400 opérés. Ces derniers ont été soumis à une évaluation de leur consommation d’alcool, afin de déceler une éventuelle dépendance.
Publié dans les colonnes du JAMA, leur travail démontre que pendant l’année précédant l’opération, 7,3% des patients présentaient une dépendance à l’alcool. Cette proportion a légèrement augmenté dans les mois qui l’ont suivie, passant à 7,9%. Une différence que les auteurs considèrent comme statistiquement « peu significative ». En revanche, deux ans plus tard 9,6% de ces patients présentaient les signes d’une dépendance alcoolique. A ce point de leur travail, les auteurs ne s’expliquent pas cette progression, qui n’est pas négligeable à l’échelle du pays.
Qu’en est-il en France ?
Interrogé par l’agence de presse Destination Santé, le Pr David Nocca, chirurgien bariatrique au CHU de Montpellier (Hérault), rassure : « Ce type de phénomène reste très marginal en France ». A l’échelle de son établissement, il constate que seulement deux cas pour mille patients opérés ont déclaré une dépendance à l’alcool.
« L’encadrement préopératoire des patients est primordial » explique-t-il. « Cela permet de prendre en charge précocement une éventuelle dépendance alcoolique. Le mal-être induit par l’obésité morbide, peut en effet pousser certains patients à boire plus que de raison ». Le suivi des opérés naturellement, est également d’une importance capitale. Un encadrement est « nécessaire pour tout patient après une opération aussi importante » souligne en effet notre spécialiste. Peut-être celui-ci fait-il lus ou moins défaut aux Etats-Unis…

Source : Journal of the American Medical Association- interview du Pr David Nocca – le 19 juin 2012 – site des Centers for Disease Control and Prevention d’Atlanta, consulté le 27 juin 2012
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