Obésité : la maladie de la pauvreté

[25 février 2004 - 00h00]

Les inégalités persistent et s’aggravent, notamment en matière de santé. Parmi leurs principales victimes, les adolescents français. Les jeunes des classes sociales défavorisées semblent en effet davantage touchés par l’épidémie d’obésité que les autres.

La Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES) a mené une enquête auprès d’élèves de troisième scolarisés en zones d’éducation prioritaire (ZEP). La proportion d’enfants en surcharge pondérale y apparaît beaucoup plus importante qu’ailleurs. Ainsi dans les ZEP, 17,8% des élèves de troisième sont-ils en surpoids (obésité incluse), contre 15% dans les autres zones.

Si la différence ne paraît pas significative, dès lors que l’on parle d’obésité les écarts se creusent. Près du tiers des ados scolarisés en ZEP est obèse, alors que c’est le cas pour seulement un élève sur cinq dans les autres établissements scolaires.

D’après l’enquête, ces différences reflètent l’impact de la catégorie socioprofessionnelle des parents. Ce critère apparaît en fait, comme le plus discriminant. Lorsque le père est cadre ou exerce une profession libérale, la prévalence du surpoids chez ces adolescents s’établit à 11%. Lorsqu’il est ouvrier non qualifié, le surpoids est deux fois plus fréquent et l’obésité… dix fois plus !

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