Omicron : que sait-on du variant BA.2 ?

28 janvier 2022

La ligne BA.2 est la dernière arrivée des variantes Covid. Contrairement à une idée reçue, elle n’est pas la descendante d’Omicron BA.1, mais une lignée cousine du variant découvert en Afrique du Sud fin 2021. Voici ce que l’on en sait.

« La ligne BA.2 qui est plus une lignée cousine qu’une sous-lignée d’Omicron ne descend pas de BA.1. Ce sont plutôt des lignées apparentées ou ‘cousines’ », explique Samuel Alizon, directeur de recherche au CNRS, Institut de recherche pour le développement (IRD). Il est difficile de dater son émergence, bien qu’on sache qu’elle est survenue après celle du variant Omicron/BA.1 à la fin de l’été 2021. Aujourd’hui, elle circule de façon plus importante dans plusieurs pays d’Europe du Nord.

Est-elle plus transmissible ? « Elle semble se transmettre plus vite que la lignée Omicron (BA.1) dans plusieurs pays (Danemark et Allemagne notamment) », note Samuel Alizon. Et « cet avantage de transmission pourrait provenir d’une contagiosité plus élevée et/ou d’un échappement immunitaire plus prononcé que Omicron/BA.1 ». En d’autres termes, ce variant pourrait ne pas être bloqué par la défense immunitaire procurée par le vaccin.

Est-elle plus sévère ? Dans ce domaine il n’y a aucune certitude. « D’autant que la sévérité d’Omicron n’est elle-même pas claire », poursuit-il. « Les estimations qui circulent sont de 1/2e, 1/3e ou même 1/16e de la virulence de Delta ». Sans assurance.

Ce qui est plus sûr repose sur « le profil mutationnel de BA.2 ». La ligne « possède 17 mutations qui ne sont présentes ni dans la lignée ancestrale de Wuhan, ni chez le variant Omicron/BA.1 ». Toutefois, la plupart de ces mutations ne se situent pas dans le gène S codant la protéine de spicule. Une donnée intéressante car ce gène est nécessaire au virus pour entrer dans la cellule. Toutefois cela ne permet pas d’écarter un potentiel échappement immunitaire. « Des expériences in vitro pourront nous en dire plus sur les conséquences fonctionnelles de ces mutations », ajoute Samuel Alizon.

  • Source : interview de Samuel Alizon, directeur de recherche au CNRS, Institut de recherche pour le développement (IRD)

  • Ecrit par : Dominique Salomon - Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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