En France, vouloir changer les mentalités à l’aide d’une convention, c’est comme vouloir gagner une guerre… avec un cure-dent ! Après deux années d’existence, la Convention AERAS pour s’assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé peine vraiment à s’imposer. Une enquête de l’UFC-Que Choisir épingle le comportement « très décevant » dans ce domaine, des banques et des assureurs.

« Les personnes avec un risque de santé (soit 10 à 12 millions de malades) continuent de faire face à des obstacles insurmontables » constate amèrement l’association de consommateurs, au terme d’une enquête auprès de 625 agences bancaires. Cinquante dossiers suivis de bout en bout, et un verdict qui tombe sans appel : à deux ans, le bébé AERAS ne marche toujours pas.

Tenez-vous bien… seuls 4% des conseillers approchés par les enquêteurs pour le compte d’un neveu malade imaginaire leur ont effectivement remis des documents concernant cette convention. Les 96% restants ne l’ont même pas évoquée ! Avec au final, des malades qui se voient proposer une prime d’assurance « en moyenne 2 à 3 fois supérieure à celle d’une personne ne présentant aucun risque de santé, et une couverture du risque souvent très réduite, ne fonctionnant qu’en cas de décès ».

Face à des pratiques aussi discriminatoires, l’UFC-Que Choisir propose de « mutualiser totalement le risque, c’est-à-dire d’obliger les assureurs à faire entrer dans les contrats de groupe les personnes avec un risque aggravé de santé ».

Mais dans l’attente de ce vœu qui risque de rester pieu… il existe des structures spécialisées comme Handi-assur. « Mis à part des cas rarissimes telles que des greffes vraiment trop récentes, nous assurons tous les malades qui très souvent, sont orientés chez nous par les associations de malades » précise Clair Caillon, le directeur de cette structure de courtage spécialisée dans les risques aggravés. Et le système marche ! « Le malade est assuré en 48 heures. Et tous les ans, nous traitons entre 60 000 et 70 000 dossiers ».

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