Instituts d’ongles : la santé des professionnels en péril

[23 novembre 2017 - 16h01] [mis à jour le 24 novembre 2017 à 11h31]

Dermatites allergiques de contact, asthmes, céphalées… Les affections liées au travail des professionnels du soin et de la décoration de l’ongle sont nombreuses. Pour la plupart en lien avec les substances présentes dans les produits utilisés. C’est le constat de l’Anses qui recommande plusieurs mesures de prévention.

Les professionnels du soin et de la décoration de l’ongle posent des vernis classiques ou semi-permanents, réalisent des soins de manucure et posent de prothèses ongulaires par différentes techniques comme celle du gel ou de la résine. Saisie par l’Agence nationale de Sécurité du médicament (ANSM), l’Anses a évalué les risques liés à leur exposition aux produits utilisés dans le cadre de cette activité.

Environ 700 substances ont été repérées dans la composition des produits utilisés ou dans les atmosphères de travail. Parmi elles, 60 ont été jugées « très préoccupantes ». Elles étaient soit classifiées comme « cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR), ou encore sensibilisant et/ou inscrites sur une liste de perturbateurs endocriniens potentiels », note l’Anses.

La conséquence sur la santé des professionnels se manifeste par certaines pathologies :

  • Affections cutanées, incluant principalement des dermatites allergiques de contact. « Les produits de façonnage de l’ongle artificiel (gel, résine) contenant des monomères (méth)acryliques sont majoritairement responsables des dermatites allergique sde contact recensées chez les professionnels» ;
  • Affections des voies respiratoires et ORL, incluant principalement des asthmes. « Les (méth)acrylates peuvent également être mis en cause dans certains problèmes respiratoires identifiés chez ces professionnels» ;
  • Céphalées ;

Substances alternatives, aérations…

Ces constats sont alarmants. Afin de réduire les risques pour la santé des professionnels de ce secteur, l’Anses recommande plusieurs mesures. Alors même que « les mesures de protection pour la prévention du risque chimique telles que la ventilation générale, la ventilation localisée de type table aspirante, le port de gants et de masques de protection contre les poussières, sont peu mises en œuvre par ces professionnels ».

L’Anses enjoint donc les employeurs à renforcer ces mesures de prévention du risque chimique, en « recherchant des produits de substitution », en « utilisant des tables aspirantes » et en incitant au « port d’équipements de protection individuelle adaptés ».

Les fabricants « de produits cosmétiques destinés aux activités de soin et de décoration de l’ongle [devraient] mettre en œuvre à court et moyen termes le développement et/ou le remplacement de produits afin de supprimer les expositions à la source de différents agents chimiques dangereux, en particulier les monomères (méth)acryliques polymérisables, le toluène, l’acétaldéhyde », conclut-elle.

*le terme « onglerie » a été injustement utilisé, s’agissant d’une marque enregistrée. Nous nous en excusons.

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