Paludisme : une lutte permanente

24 avril 2015

Pas à pas, le combat contre le paludisme progresse à l’échelle planétaire. A travers le monde, le taux de mortalité a ainsi chuté de 47% en 15 ans. Mais l’objectif d’éradication totale de la maladie prévu pour 2030 est encore loin d’être atteint. Le point à l’occasion de la Journée mondiale contre le Paludisme, organisée ce samedi 25 avril.

Depuis 50 ans, le paludisme fait l’objet d’une lutte sans relâche. Ainsi, en Afrique – continent le plus impacté – les décès liés à cette maladie ont reculé de 54% entre 2000 et 2015. Jamais le nombre de personnes infectées n’y a été aussi faible. Dans le monde, pas moins de 4 millions de décès ont pu être évités depuis 2001, et « 97% d’entre eux auraient touché des enfants de moins de 5 ans ». A ce jour, « nous avons parcouru la moitié du chemin avec la moitié des financements », résume d’ailleurs le Dr Fatoumata Nafo-Traoré, directrice exécutive du partenariat Roll Back Malaria.

Des progrès, mais pourtant…

Sur l’année 2013, un total de 198 millions de nouvelles infections a toutefois été enregistré. Sur la même période, 584 000 patients (dont 80% étaient âgés de moins de 5 ans) ont perdu la vie à cause du paludisme. « Ce mal que l’on sait pourtant guérir et prévenir continue de tuer un enfant chaque minute », précise le Dr Nafo-Traoré. Une part toujours élevée de la population mondiale reste en effet exclue de la prévention et des soins.

En Afrique, les femmes enceintes et les nourrissons sont particulièrement exposés. Certes, entre 2008 et 2012, près de 95 000 décès à la naissance ont pu être évités par un renforcement de la prévention auprès des futures mères. Mais sur ce continent, 10 000 femmes et 200 000 enfants meurent  chaque année d’une infection au paludisme survenue pendant la grossesse, et 43% des futures mères « n’ont pas reçu la moindre dose de traitement préventif les protégeant ».

Et dans l’avenir ?

Le partenariat Roll Back Malaria appelle à une hausse des investissements dans la lutte contre la résistance aux antipaludéens et à la mise au point de nouveaux traitements. A ce sujet, « un premier vaccin actuellement en phase 3 a fait ses preuves auprès d’enfants africains », ont confirmé des chercheurs américains dans le journal The Lancet.  Pour le prouver, ces derniers ont vacciné 15 459 petits. Résultats, 18 mois après la première immunisation, un bon taux d’efficacité a été relevé : 27% pour les nourrissons (âgés de 6 à 12 semaines) et 46% auprès des enfants (5-17 mois).

  • Source : Roll Back Malaria, 21 avril 2015. Institut de recherche et dévelopment (IRD), le 25 avril 2015. The Lancet, 23 avril 2015.

  • Ecrit par : Laura Bourgault – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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