Pérou : une expédition pour étudier le manque d’oxygène

[21 décembre 2018 - 10h38] [mis à jour le 21 décembre 2018 à 11h02]

Comment est-il possible de vivre à 5 300 mètres d’altitude comme le font les habitants de la ville la plus haute du monde, Rinconada au Pérou ? C’est la question que se posent les chercheurs de l’Inserm. Pour étudier l’impact du manque d’oxygène et mieux comprendre les adaptations physiologiques à cet environnement, ils vont y installer leur laboratoire pendant 6 semaines.

En janvier 2019, une équipe de chercheurs de l’Inserm spécialisés dans la recherche sur l’altitude et l’hypoxie va passer 6 semaines à 5 300 mètres d’altitude au Pérou. Objectif : étudier les adaptations physiologiques de ses habitants à des conditions de vies extrêmes mais aussi analyser les problèmes de santé spécifiques liés à l’altitude.

A cette altitude, l’environnement extrême met en valeur les limites d’adaptation de l’organisme. En particulier s’il réside habituellement en plaine. Alors, il s’expose à trois phénomènes majeurs et délétères pour la santé :

– le mal aigu des montagnes, un syndrome qui associe maux de tête, nausées, fatigue, trouble du sommeil et dont souffre la moitié des personnes qui montent à plus de 4 000 m d’altitude ;

– l’œdème pulmonaire de haute altitude ;

– l’œdème cérébral de haute altitude.

Soigner le manque d’oxygène d’altitude et pathologique

Aujourd’hui, seul l’apport d’oxygène par des bouteilles ou la ré-oxygénation par le biais d’un caisson hyperbare peuvent y remédier. Pour y faire face, il se pourrait que les habitants de La Rinconada aient pu au cours du temps développer des adaptations génétiques à la vie en altitude. Il semble cependant qu’ils soient aussi touchés de façon fréquente par un autre type de pathologie : le syndrome de mal chronique des montagnes, qui concerne les personnes résidant en permanence en altitude.

C’est pour soigner les patients souffrant du manque d’oxygène en altitude mais également pour soigner des pathologies plus courantes en plaine (BPCO, apnée du sommeil…) que les chercheurs souhaitent comprendre les mécanismes de l’hypoxie d’altitude.

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