Perturbateurs endocriniens : un effet « cocktail » inquiétant pour le fœtus

[13 septembre 2017 - 12h04] [mis à jour le 13 septembre 2017 à 16h46]

Pesticides, produits de ménage domestique, cosmétiques… L’exposition à des perturbateurs endocriniens est néfaste au cours de la grossesse. A la clé pour le fœtus, le risque de souffrir de troubles de l’appareil reproducteur. Mais quel est donc l’effet d’une exposition simultanée à plusieurs substances nocives ? Une équipe française démontre la force de l’effet cocktail ainsi créé.

Les perturbateurs endocriniens, s’ils sont combinés, ont un effet nocif exponentiel. C’est ce qu’on appelle l’effet « cocktail ». Des chercheurs de l’Irset* ont identifié 11 molécules néfastes et ont, avec elles, conçu 4 mélanges. Ces derniers ont été testés sur le testicule fœtal humain.

Résultats, « le modèle mathématique établi par les auteurs est capable de mettre en évidence, pour la première fois sur un organe humain, des effets cocktails ». De plus, « les effets combinés observés sont mathématiquement prédictibles ».

Jusqu’à 1 000 fois plus néfaste

Autre constat, et non des moindres, « les auteurs ont pu quantifier l’exacerbation des effets individuels de chacune des molécules mélangées. En d’autres termes, une molécule s’avère entre 10 et 1 000 fois plus puissante lorsqu’elle est mélangée à d’autres que seule.

« Il existe une fenêtre de sensibilité bien précise au cours du 1er trimestre de développement du fœtus pendant laquelle l’exposition simultanée à des doses faibles de plusieurs perturbateurs endocriniens laisse entrevoir un risque pour le futur appareil génital et reproducteur de l’enfant », souligne Bernard Jégou, directeur de l’Irset**. Par conséquent, « il s’avère indispensable d’intensifier la recherche pour caractériser les mélanges réels auxquels les individus sont exposés et en tester les effets sur des modèles appropriés ».

*avec l’appui de collègues du CHU de Rennes, et du Pr Andréas Kortenkamp et le Dr M Scholze de l’Université de Brunel à Londres

**chercheur Inserm, directeur de la recherche de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique et coordinateur de cette étude

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