Pipi au lit : déculpabilisez-le !

[08 janvier 2010 - 10h05] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h36]

Votre enfant fait encore pipi au lit ? C’est très fréquent, et il n’est en rien responsable ! Il existe différents types d’énurésie nocturne, et naturellement aussi plusieurs approches thérapeutiques.

L’énurésie nocturne, c’est une incontinence urinaire pendant le sommeil. Et donc aussi, pendant la sieste ! Les causes et les mécanismes n’en sont pas connus avec certitude, mais la plupart des médecins la considère comme une maladie dont l’enfant n’est en rien responsable. Très élevée, sa fréquence diminue avec l’âge : 20% des enfants de 5 ans sont atteints, mais ils sont encore 5% chez les 7-10 ans et 1% chez les jeunes adultes autour de 15 ans. Les petits garçons sont les plus concernés : 2 à 3 fois plus souvent que les filles !

Il y a plusieurs énurésies.
– La plus fréquente est l’énurésie nocturne primaire : l’enfant n’a jamais été propre la nuit. S’il fait pipi au lit presque quotidiennement, vous pouvez commencer à vous en inquiéter dès son entrée au CP. Consultez alors votre médecin, généraliste ou pédiatre… Avec le début de la socialisation en effet, ce trouble devient gênant pour l’enfant ;
L’énurésie secondaire : après une période de propreté, l’enfant recommence à faire pipi au lit. Une consultation assez rapide s’impose : il peut en effet s’agir d’une pathologie organique, comme un diabète ou une maladie rénale ;
– L’énurésie peut enfin s’accompagner d’une incontinence diurne : quand l’enfant a la phobie d’uriner hors de son domicile, il se retient toute la journée, et des « urgences-pipi » avec des « fuites » peuvent survenir. On parle alors d’instabilité vésicale. Une consultation permettra de lui expliquer le fonctionnement de la vessie, et le cas échéant un traitement médicamenteux pourra lui venir en aide.

Quels traitements ?
– L’approche comportementaliste : une alarme « pipi-stop » constitue un premier pas. Mais cela ne suffit pas ! Vous devez accompagner votre enfant par toute une série de mesures. Utilisez un calendrier mictionnel, ne lui donnez pas de boissons le soir, apprenez-lui à faire des exercices pelviens (retenir sa miction)… Et surtout, déculpabilisez-le ! Par exemple, demandez-lui de vous aider à changer les draps, non pas parce que c’est « sa faute » mais parce que vous réglez le problème ensemble… Cette méthode doit être mise en œuvre avec le médecin, et encadrée par des consultations régulières. Elle demande du temps et de la patience, mais elle est efficace. Elle apporte en effet jusqu’à 60% de réussite, et présente l’immense avantage de ne provoquer aucune toxicité.
– La desmopressine (Minirin) : ce traitement est efficace (40% de réussite et même 60% quand il est associé à l’alarme pipi-stop). Il peut être utilisé de façon ponctuelle pour une nuit passée chez un copain ou la durée d’une colonie de vacances. Mais il doit être poursuivi pendant 3 à 4 mois, et les rechutes sont nombreuses à l’arrêt. De plus, mieux vaut l’utiliser avec précaution : l’enfant ne doit pas boire juste avant ni après sa prise, car une rétention d’urine trop importante est dangereuse. Ce qui explique que seule la forme orale existe maintenant, et non plus la forme nasale, à l’effet trop rapide.
– Les antidépresseurs tricycliques : ils ne sont plus prescrits aujourd’hui en raison de leurs effets secondaires nombreux, et graves. Sans oublier que leur efficacité s’avère très faible, avec moins de 20% de réussite.

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