Pollution atmosphérique : des risques avérés pour les enfants à naître

[15 octobre 2013 - 09h00] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h58]

© Phovoir

Les polluants atmosphériques dévoilent peu à peu leurs méfaits. Plusieurs études avaient déjà chiffré les conséquences d’une exposition à long terme (hausse du nombre d’hospitalisations…). Une équipe française va plus loin et affirme qu’ils augmenteraient également le risque de faible poids à la naissance. Des résultats publiés ce mardi dans la revue The Lancet Respiratory Medicine.

Les chercheurs de l’Unité INSERM  823 « Institut Albert Bonniot » (Grenoble) ont passé en revue les résultats de la European Study of Cohorts for Air Pollution Effects (ESCAPE – Étude européenne de cohortes sur les effets de la pollution atmosphérique). Ce travail compile les données européennes de 14 études menées auprès de 74 000 femmes ayant accouché (hors grossesses multiples) entre 1994 et 2011.

Les auteurs ont ainsi répertorié les concentrations de polluants atmosphériques (dioxyde d’azote et particules fines en suspension ou PM2,5) au domicile de chaque femme. La densité du trafic sur la voie publique la plus proche et le volume total de trafic sur toutes les routes principales dans un rayon de 100 m autour du lieu de résidence ont également été enregistrés.

Réduire les niveaux d’exposition

Résultat, « pour toute augmentation de 5 microgrammes par mètre cube (μg/m³) de l’exposition aux particules fines pendant la grossesse, le risque de donner naissance à un bébé de petit poids à terme (moins de 2500 g pour un enfant né après 37 semaines de grossesse) augmente de 18%. » Les scientifiques vont plus loin et affirment que « ce risque accru persiste à des taux inférieurs à la limite actuelle fixée par les directives de l’UE sur la qualité de l’air, qui est de 25 μg/m³ pour les particules fines. »

Selon Rémy Slama, directeur de recherche INSERM et principal auteur de cette étude, « un faible poids de naissance est associé à des problèmes de santé dans l’enfance, ainsi qu’à l’âge adulte. Ces résultats suggèrent qu’une proportion importante des cas de petit poids de naissance à terme pourrait être évitée en Europe si la pollution de l’air urbain, et en particulier les particules fines, diminuait. » Les chercheurs estiment notamment que si les niveaux de ces substances étaient réduits à 10 μg/m³ (la valeur cible annuelle de l’OMS), 22% des cas de petits poids de naissance à terme pourraient être évités. »

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : David Picot

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