Pourquoi les hommes se battent-ils ?

07 novembre 2001

Voilà qui risque de briser le mythe de l’homme fort et orgueilleux, bâti par un grand nombre d’écrivains et de philosophes. Tous des mâles, d’ailleurs. Car en fait, tout cela se résumerait à une bête question de… glandes !
Et plus précisément de sérotonine, un neuromédiateur qui commence à beaucoup faire parler de lui. Jonathan Toot et son équipe de l’université d’Akron, aux Etats-Unis, ont comparé l’agressivité masculine et féminine à partir d’une population de… rats ! Au sein de laquelle ils ont introduit des intrus, mâles et femelles.

Résultat, en l’espace de seulement 15 minutes, les intrus se sont fait attaquer 2,6 fois alors que jamais ce n’a été le cas pour les intruses. Lesquelles ne se sont par ailleurs jamais comporté agressivement. Quant aux mâles agressés, toujours par d’autres mâles donc, les auteurs ont relevé sur chacun d’eux une moyenne de 1,8 cicatrices !

Toot et ses collaborateurs ont mis en évidence le rôle majeur joué par le chromosome Y, celui-là même qui fait des mâles, des… mâles ! Ce serait lui qui, de conserve avec le métabolisme de l’hormone mâle testostérone, ” gouvernerait ” la sécrétion de la sérotonine. Ce neurotransmetteur est en effet impliqué dans la régulation de l’humeur, de la faim et de la satiété. Bref dans les moteurs de la société des rats… et des hommes.

Toute diminution du taux de sérotonine chez les mâles de cette étude semble avoir coïncidé avec une augmentation de leur agressivité. Reste à faire la part de la génétique et du métabolisme hormonal dans cette affaire…

  • Source : American Psychological Society, 20 octobre 2001

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