En France, la pauvreté constitue depuis plusieurs années un frein à la prise en charge sanitaire. A l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, organisée ce 17 octobre, Médecins du Monde (MdM) fait le point sur la question. Dans son 16e rapport annuel, l’association passe au crible le manque d’accès aux soins.

 Pour faire le point sur la précarité sanitaire des Français les plus démunis, Médecins du Monde s’est appuyé sur 34 000 entretiens sociaux de populations en situation de grande précarité et/ou d’exclusion. Tous ces échanges sont le fruit d’un travail de terrain mené dans le cadre des 67 programmes au sein de 34 villes.

Publiés à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, les résultats sont édifiants. La quasi-totalité (98%) des volontaires « vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Près de 4 personnes sur 10 « présentent un retard de recours aux soins et 16% déclarent avoir dû renoncer à des soins ». Dans le domaine de la gynécologie, « 4 femmes enceintes sur 10 présentent un retard de suivi de grossesse et 17% d’entre elles vivent à la rue ». Et « 88% des personnes ne disposent d’aucune couverture maladie ». Pourtant ¾ d’entre elles pourraient légalement en bénéficier.

Quelles conditions d’hébergement ?

Autres points, « en 5 ans, le nombre de mineurs isolés rencontrés, vivant le plus souvent à la rue, a été multiplié par 5 ». Au total, 9 répondants sur 10 vivent dans hébergement précaire, 6 sur 10 habitent chez quelqu’un. Près d’1 sur 10 loge dans un squat et 2 sur 10 sont sans domicile fixe.

« Les politiques publiques sont bien en-deçà des enjeux actuels. Dans l’Etat de droit qu’est la France, l’année 2015 a été marquée en particulier par une crise migratoire sans précédent », complète MdM. Celle-ci « illustre l’inadéquation des conditions d’accueil conduisant à la violation des droits fondamentaux ». Cette carence de prise en charge rejoint la problématique d’une insuffisante protection «  des demandeurs d’asile ». La situation dans les campements de Calais et de Grande-Synthe, notamment en termes de santé mentale et auprès des mineurs isolés, en sont des exemples concrets.

Partager cet article