La précarité, un facteur de risque cardiovasculaire méconnu

[07 décembre 2017 - 10h30] [mis à jour le 07 décembre 2017 à 10h31]

La précarité est un facteur de risque en matière de santé en général. Mais pour la santé cardiovasculaire, cet élément est encore trop souvent ignoré. Les femmes en souffrent davantage et sont donc exposées à un risque plus élevé.

Caractérisée par une fragilité financière excessive, la précarité peut également revêtir d’autres facettes. Elle peut être affective et correspondre ainsi à la rupture du lien social ou encore être liée à un manque de temps. « Les actifs travaillant beaucoup, pris par le temps et stressés, négligent leur santé et adoptent des comportements risqués pour leur cœur et leurs artères », précise la Fédération française de Cardiologie (FFC).

Quelle que soit sa forme « elle accroit l’isolement social, la consommation de tabac et d’alcool, le manque d’exercice physique, le stress, l’alimentation déséquilibrée entraînant du surpoids… facteurs de risque majeurs pour 80% des maladies cardio-vasculaires », souligne la FFC.

Résultat, comme le montre une étude de 2016 menée par Santé Publique France, « le nombre de décès précoces par infarctus du myocarde et insuffisance cardiaque est significativement plus élevé chez les Français les plus défavorisés avec un écart particulièrement marqué pour les moins de 65 ans », précise la FFC. Un constat qui perdure d’autant plus que « les personnes en situation de fragilité sociale repoussent ou abandonnent les soins médicaux et se rendent plus vulnérables face aux maladies cardiaques notamment ».

Les femmes, encore plus fragiles

Autre inégalité, les femmes sont plus fragiles que les hommes en matière de précarité. D’après un récent rapport du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes paru en juin 2017, elles « représentent 70% des travailleurs pauvres et 8% des familles monoparentales – dont un tiers vit sous le seuil de pauvreté ». En outre, la mortalité liée à des maladies cardiovasculaires est multipliée par 3 chez les femmes ouvrières. Enfin, « les femmes représentent 64% des personnes ayant reporté ou renoncé à des soins médicaux au cours des 12 derniers mois, notamment pour des motifs financiers », conclut la FFC.

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