Prématurité : bientôt un traitement préventif ?

[15 septembre 2015 - 10h12] [mis à jour le 15 septembre 2015 à 10h14]

Les naissances prématurées, c’est-à-dire celles survenant avant 37 semaines d’aménorrhée, peuvent avoir des conséquences dramatiques pour les enfants. Une équipe canadienne a mis au point une molécule capable d’empêcher ce phénomène… chez la souris. Leur travail est paru dans The Journal of Immunology.

« Les naissances prématurées sont étroitement liées à l’inflammation des tissus de l’utérus, laquelle favorise les contractions et le travail préterme », expliquent les chercheurs du CHU Sainte Justine et de l’Université de Montréal (Québec). Afin de réduire ce phénomène inflammatoire, ils ont travaillé sur l’interleukine 1. Ce messager étant justement réputé déclencher et amplifier l’inflammation de l’utérus. Mais l’inhiber sans effets indésirables était peu aisé. En effet, « l’interleukine 1 joue aussi un rôle physiologique crucial en protégeant le fœtus vulnérable contre les infections », explique Mathieu Nadeau-Vallée, étudiant au doctorat de pharmacologie.

Ne pas inhiber l’action protectrice de l’interleukine 1

Or les agents thérapeutiques déjà existant ayant une action sur l’interleukine 1 inhibaient aussi son action protectrice. Pour contourner cet obstacle, les chercheurs québécois ont développé leur propre molécule, plus petite, en s’inspirant de l’action des agents déjà existants. « Notre molécule bloque plus spécifiquement la voie qui commande l’inflammation, sans interférer avec celles qui ont un effet protecteur sur le système immunitaire et les cellules », détaille le Dr Sylvain Chembtob, néonatalogiste, chercheur et auteur principal de l’étude.

La molécule baptisée 101.01 a montré une bonne efficacité dans des modèles murins, en prévenant ou retardant les contractions utérines et les naissances prématurées, sans effet secondaire notable. Elle doit maintenant être testée sur les humains. « Pour l’heure, les femmes ayant un historique de prématurité – dont il est scientifiquement reconnu qu’elles ont un risque accru d’accoucher prématurément – seraient celles qui pourraient bénéficier de ce future traitement », concluent les auteurs.

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