Prison : briser le cycle de la récidive par les soins

[08 septembre 2015 - 09h12] [mis à jour le 08 septembre 2015 à 09h13]

Le suivi de la santé psychiatrique des personnes incarcérées souffre de nombreuses lacunes. Une étude menée en Suède le confirme. Elle montre d’ailleurs chez des ex-prisonniers que les maladies psychiatriques telles que les troubles bipolaires – non traitées – augmentent fortement le risque de récidive.

Le Pr Seena Fazel et son équipe de l’Université d’Oxford ont travaillé à partir d’une cohorte de 48 000 ex-prisonniers suédois de 2000 à 2009. Au total, 42% des hommes incarcérés avaient été diagnostiqués avec un trouble psychiatrique avant leur libération. Et parmi eux 25% avaient été de nouveau condamnés, soit pour une agression physique, sexuelle ou un vol. Du côté des femmes, près des deux tiers souffraient d’une maladie psychiatrique en prison et 11% ont récidivé, une fois libérées.

Tous les diagnostics psychiatriques étaient associés avec une augmentation du risque de récidive. Cependant les fréquences étaient plus élevées parmi les ex-prisonniers souffrant d’addictions à l’alcool et/ou aux drogues, de troubles importants de la personnalité ainsi que de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité.

Selon Seena Fazel, « le nombre de prisonniers souffrant de troubles psychiatriques est très important. Nos observations suggèrent qu’il est indispensable de garantir aux prisonniers de meilleurs soins et d’établir des liens étroits avec les professionnels de santé. L’objectif est à la fois d’améliorer leur qualité de vie et de briser le cycle de la récidive ». Autant de soins qui devront se poursuivre en dehors du milieu carcéral…

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