Les personnels de santé sont soumis à deux vaccins obligatoires. Jusqu’en avril 2019, ils étaient trois. Quels sont-ils ? Et pourquoi sont-ils nécessaires ? Le point avec le Pr Daniel Floret du Comité technique des vaccinations.

A l’heure actuelle, deux vaccins sont imposés aux personnels soignants. Celui contre l’hépatite B et celui contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTPolio).

Comment justifier ces obligations ?

« Pour l’hépatite B, la justification est évidente », lance Le Pr Floret. « Il s’agit d’une maladie grave. Les soignants sont fortement exposés car ils pratiquent des gestes invasifs sur des patients infectés dont 50% l’ignorent. Enfin, s’ils s’infectent, les soignants pourront contaminer eux-mêmes d’autres patients ».

Pour le DTPolio, la réponse est moins évidente. « En fait, cette obligation est ancienne », continue Daniel Floret. « A l’époque où diphtérie et poliomyélite circulaient. Les soignants étaient donc exposés à ces maladies graves. Actuellement, c’est plus discutable car il n’y a plus de polio et les cas de diphtérie sont très rares. Quant au tétanos, l’obligation professionnelle n’a pas de sens puisque cette maladie n’est pas à transmission interhumaine. »

Quid du BCG ?

En avril 2019, l’obligation vaccinale pour le BCG a été officiellement suspendue pour les professionnels de santé. Cet avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a surtout pris en compte l’efficacité limitée de la vaccination BCG chez l’adulte et l’existence d’autres moyens de prévention de la tuberculose en milieu professionnel.

Pour autant, le médecin du travail peut proposer la vaccination, au cas par cas, en raison de risque élevé d’exposition au bacille tuberculeux (contact avec des malades tuberculeux multirésistants, travail dans certains laboratoires bactériologiques…).

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