Ce 17 décembre se tient la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleurs et travailleuses du sexe. Pour l’occasion, Médecins du Monde et l’association Les Amis du Bus des Femmes se mobilisent et lancent un nouveau projet pour combattre ces violences. Celui-ci devra notamment passer par une meilleure sensibilisation des professionnels de santé.

En Ile-de-France, Les Amis du Bus des Femmes et la mission du Lotus bus de Médecins du Monde (MdM) accompagnent les victimes de violences, pour la plupart d’une extrême gravité (viol, séquestration…).

Pour les deux organismes, plus de la moitié de ces violences auraient pu être évitées par une meilleure prévention et par la garantie d’un bon accès aux droits et aux soins pour les victimes. Mais selon eux, ces actes sont aussi « les conséquences des politiques publiques qui relèguent les prostitué(e)s à des zones d’insécurité, de non-droit et les stigmatisent ».

Ainsi expliquent-ils que la proposition de loi visant à pénaliser les clients – qui doit revenir prochainement à l’Assemblée nationale – exposerait les travailleurs du sexe à davantage de violences. « Punir les clients revient à rajouter de la violence à la violence. Les personnes seront encore plus contraintes à la clandestinité : elles s’éloignent déjà des associations de santé et de toutes les autres institutions, y compris la police. Elles auront un pouvoir de négociation réduit avec le client et seront plus exposées aux violences et à l’exploitation », affirme le Dr Françoise Sivignon, Présidente de Médecins du Monde.

Tous en marche

Afin de favoriser cet accès aux droits et aux services de santé, Médecins du Monde et Les Amis du Bus des Femmes lancent le projet « Tous en marche ! Contre les Violences Faites aux Travailleurs/ses du Sexe ». Un projet qui devra passer par 3 objectifs :

  • Renforcer les capacités des travailleuses et travailleurs du sexe par la formation et la mise en place d’un système d’alerte pour prévenir les violences ;
  • Favoriser l’accès aux soins des victimes par la sensibilisation des professionnels de santé à la problématique des violences ;
  • Garantir l’accès aux droits des victimes en facilitant le dépôt de plainte et en soutenant les victimes tout au long des procédures judiciaires.

D’une durée de 3 ans, le projet sera « pilote en Ile-de-France », avec à terme, la diffusion des bonnes pratiques à l’échelle nationale.

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