En France, la génération des 15-24 ans serait mal informée sur les moyens de protection (préservatif masculin et féminin, PrEP…) contre le virus du Sida. Et les connaissances accusent un recul depuis 2009.

A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida, organisée ce 1e décembre, l’heure est venue de parler du rapport des 15-24 ans au risque de séropositivité. A quel point les adolescents et les jeunes adultes sont-ils imprégnés des réflexes pour rester protégés d’une infection par le virus du Sida ? Sont-ils au fait des modalités de prise en charge des patients contaminés ? A vrai dire, le bilan reste très mitigé.

En effet, selon le baromètre Ifop-Bilendi*, « 79% des jeunes estiment être bien informés sur le VIH. Un chiffre en diminution de 10 points par rapport à 2009 ». Les jeunes femmes de 15 à 17 ans seraient les plus impactées par ce recul de la sensibilisation : « 71% d’entre elles uniquement se sentent bien informées, contre 83% chez les garçons du même âge. »

Préservatif féminin, PrEP…

Mais quand on rentre dans le vif du sujet, les données concrètes sur le Sida semblent loin d’être assimilées :

« Plus de la moitié (56%) ne connaît pas l’existence du traitement post-exposition (TPE) » qui est pris en urgence, « au plus tard dans les 48 heures après un risque de transmission puis tous les jours pendant un mois » ;

« 22% des jeunes ne savent pas que le préservatif féminin est un mode de protection » ;

« Près des trois quarts (65%) ignorent qu’une personne sous traitement efficace, ayant une charge virale indétectable, ne transmet pas le virus (même sans préservatif) » ;

Seul un tiers des volontaires connaît la prophylaxie pré-exposition (PrEP), qui consiste – pour les personnes fortement exposées –- en un traitement antirétroviral destiné à protéger du risque d’infection par le virus. La PrEP, réservée aux personnes séronégatives au VIH, est à « prendre avant (et après) un éventuel contact avec le virus », renseigne le site www.aides.org à ce sujet.

Cette méconnaissance constitue «  un obstacle majeur pour contrôler l’épidémie », relèvent les spécialistes de Sidaction. « D’immenses avancées ont été accomplies en termes de prévention diversifiée (…). Si les messages n’évoluent pas, nous alimenterons le sentiment général que la lutte contre le VIH/Sida est une lutte du siècle dernier, ce qui ne fera qu’attiser l’épidémie en silence et les discriminations », explique Florence Thune, directrice générale de Sidaction.

Il s’agit pour chacun de choisir son mode de protection et/ou son dispositif de dépistage. « Plus les gens se protégeront avec les moyens qui leur conviennent, plus l’épidémie sera contrôlée. »

*Sondage Ifop-Bilendi pour Sidaction réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 7 au 13 novembre 2018 auprès d’un échantillon de 1 003 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 à 24 ans

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