Prothèse totale de hanche : 150 000 interventions par an en France

[30 décembre 2011 - 10h12] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h49]

Très spectaculaire car elle concerne une très grosse articulation, la prothèse totale de hanche est aujourd’hui l’une des interventions chirurgicales les plus fréquentes en France. Il s’en pratique 150 000 par an… et les chirurgiens estiment que leur nombre va encore augmenter avec le vieillissement de la population. Zoom sur cette intervention qui permet de « sauver » littéralement, l’autonomie de plus en plus de malades.

La prothèse totale de hanche (PTH) correspond au remplacement total de la partie articulaire d’un côté du bassin et de la tête d’un fémur. Une prothèse métallique comportant une « tête » fémorale au bout d’une longue tige, est implantée dans le canal médullaire du fémur, préalablement scié. Chaque année en France donc, 150 000 de ces implantations sont pratiquées. Parmi elles, 130 119 (soit plus de 86%) sont des interventions dites « de première intention ». Les autres sont des « ré-interventions » sur des patients dont une ancienne prothèse doit être remplacée. Avec de tels chiffres, il n’est pas surprenant que cette opération fasse partie du top 5 des interventions chirurgicales les plus fréquentes. A ce jour, plus d’un million de Français sont porteurs d’une prothèse totale de hanche…

Pourquoi opérer ? La principale raison d’une telle intervention est la coxarthrose, qui survient généralement après 60 ans. L’autre cause en est la fracture du col du fémur. Mais il peut y avoir d’autres motifs. Chez des patients plus jeunes par exemple, différentes maladies congénitales et certaines infections peuvent être à l’origine de cette intervention.

« Cette opération a représenté l’une des révolutions médicales de la fin du XXe siècle », se félicite le Pr Jean-Pierre Courpied, chirurgien orthopédiste à Paris. La PTH est pratiquée en France depuis 1962. Et depuis cette date, d’importants progrès ont été réalisés en termes de matériaux et de design. « Le plastique utilisé aujourd’hui est de bien meilleure qualité (que dans le passé) et la céramique a remplacé l’acier dans de nombreux cas », explique-t-il.

Suivi essentiel

Globalement, l’opération présente peu de risques postopératoires. En effet, « les chiffres du registre suédois des PTH, intéressants parce qu’exhaustifs, nous indiquent que pendant les trois premiers mois suivant l’intervention, la mortalité est en moyenne de 0,7% », souligne Jean-Pierre Courpied.

La durée de vie d’une prothèse est de l’ordre de 15 à 20 ans. Au bout de ce laps de temps, le remplacement peut être nécessaire chez un patient encore jeune, ce qui justifie la plupart des ré-interventions. « La prothèse s’use certes, mais c’est surtout l’os qui s’abîme avec le temps ». Il est essentiel que le suivi soit méticuleux. « Il suffit de prendre un rendez-vous chaque année avec son chirurgien. Celui-ci réalisera une radio de contrôle », explique le Pr Courpied.

Mais la recherche sur les matériaux pourrait réduire le nombre de remplacement de prothèses. Une équipe d’ingénieurs et de médecins de la Northwestern University et du Rush University Medical Center de Chicago, et de l’Université de Duisburg-Essen en Allemagne, a mis en évidence les propriétés lubrifiantes du graphite. Utilisé sur la « tête » fémorale du dispositif (comme sur la photo), cet allotrope du carbone – c’est-à-dire l’une de ses formes naturelles – pourrait allonger la durée de vie des prothèses de hanche. Ce matériau réduirait ainsi l’usure osseuse. Les chercheurs espèrent fabriquer, à terme, des prothèses de hanche ayant une durée de vie égale à celle du patient.

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