Puberté précoce : davantage de cas en Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes

[31 mai 2017 - 18h44] [mis à jour le 31 mai 2017 à 18h45]

La puberté précoce est une maladie rare qui se caractérise par la survenue de signes de maturité sexuelle très tôt chez l’enfant. Les causes sont inconnues mais l’exposition à des perturbateurs endocriniens constitue une piste de recherche. Les premiers résultats d’une étude révèlent que deux régions sont largement plus concernées que les autres en France. Des données présentées à l’occasion des rencontres de Santé publique France qui se déroulent les 30 et 31 mai et le 1er juin à Paris.

Une poitrine qui se développe très tôt dans l’enfance, une pilosité pubienne… Ces symptômes peuvent révéler une puberté précoce. Cette maladie est peu connue et ses causes souvent ignorées. C’est pourquoi Santé publique France a décidé de se pencher sur son incidence.

Les premiers résultats de cette étude épidémiologique révèlent une incidence de 1 173 nouveaux cas par an chez les filles et de 117 cas chez les garçons. Mais ce qui a le plus surpris les chercheurs, c’est la répartition géographique. « Malgré la rareté de la maladie, nous avons constaté des écarts géographiques marqués allant de 1 à 12 chez les filles, entre les départements présentant une fréquence faible et les plus touchés », précise Joëlle Le Moal, principale auteur de l’étude. « Une sur-incidence a été observée en Midi-Pyrénées et en Rhône-Alpes. »

« Une sur-incidence remarquable »

La sur-incidence géographique rapportée par l’analyse des données est « remarquable », souligne Joëlle Le Moal. Pour autant, « notre étude est descriptive et ne permet pas de tirer des conclusions et de donner des explications sur les causes ».

Toutefois, les chercheurs ont pu avancer plusieurs hypothèses. « Tout d’abord, il est intéressant de souligner certains facteurs de risque connus dans cette maladie,», indique-t-elle. Comme « le surpoids chez filles, l’adoption internationale, l’exposition aux UV et la différence de survenue naturelle de la puberté entre l’Europe du Nord et du Sud ».

L’hypothèse des perturbateurs endocriniens

Reste bien entendu l’hypothèse de l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Laquelle était d’ailleurs la base de l’étude. « Il pourrait s’agir d’une exposition géographique à certains perturbateurs endocriniens, comme des pesticides dans certaines régions de cultures, à des expositions industrielles ou encore à autre chose à laquelle nous n’aurions pas pensé », détaille Joëlle Le Moal.

« Ce travail est une première étape », précise-t-elle. « Nous allons poursuivre notre étude dans le but, notamment de savoir si l’incidence de cette maladie est en augmentation en France ». Ces résultats « nous encouragent à aller plus loin et à soutenir la recherche sur les causes de cette maladie », conclut-elle.

A noter : les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants.

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