Quand l’hémodialyse permet de mieux dormir…

[22 janvier 2001 - 00h00] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 16h20]

D’après une équipe canadienne, l’hémodialyse nocturne des insuffisants rénaux chroniques réduirait la fréquence des apnées du sommeil.
Voilà un effet inattendu du rein artificiel< /i>, qui a sauvé des dizaines de milliers de vies depuis son invention. En cas de dialyses nocturnes les patients restent à domicile. Et chaque nuit, tout en dormant, le « rein artificiel » filtre leur sang pendant huit heures.

Le contraste avec l’hémodialyse conventionnelle en milieu hospitalier – trois jours par semaine et quatre heures à chaque fois – est manifeste… A Toronto, Patrick J. Hanly et Andreas Pierratos ont pratiqué sur 14 patients l’enregistrement polysomnographique des différentes phases du sommeil. Et cela dans différentes conditions : au cours d’une dialyse nocturne, après une période de 6 à 15 mois durant lesquels les dialyses diurnes avaient été rétablies, puis au cours d’une nuit sans hémodialyse.

Résultat : « le passage de l’hémodialyse conventionnelle à l’hémodialyse nocturne a été associé à une diminution de la fréquences des apnées et des hypopnées. » C’est à dire des périodes au cours desquelles le sommeil est perturbé par un arrêt – ou un ralentissement – respiratoire transitoire. L’effet est même criant : le nombre de ces perturbations a par exemple été ramené de 25 à 8 seulement !

Les auteurs en concluent, naturellement, que « l’hémodialyse nocturne corrige les apnées du sommeil associées à l’insuffisance rénale chronique. » Or le Syndrome d’apnée du sommeil agit profondément sur la qualité de vie. Mais également sur les risques – hypoxie cérébrale, troubles cardiaques ou accidents de la voie publique – encourus par les malades. Voilà donc un travail qui va empêcher… de dormir quelques responsables de la Santé !

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