Accueil » Santé Publique » Quand le développement a des effets pervers

« L’espérance de vie en Algérie, est passée de 52 ans en 1962 à 75 ans aujourd’hui ». En Tunisie, l’espérance de vie était de 50 ans en 1960 contre 74,1 ans désormais. Enfin le Maroc connaît aujourd’hui une espérance de vie de 71 ans, alors qu’elle n’était que de 47 ans en 1960.
« Ce changement radical s’est traduit par un vieillissement de la population, et l’alourdissement de toutes les pathologies liées à l’âge ». Affections cardiovasculaires, diabète, obésité, maladies respiratoires chroniques… Autant de maladies qui ne cessent de progresser dans les pays du Maghreb.
Pour Abdelhamid Aberkane, la transition épidémiologique se caractérise en premier lieu par une moindre incidence des maladies infectieuses, et cela grâce au développement des vaccinations. « La période est donc marquée par le passage de la lutte contre les maladies infectieuses, à l’apparition de pathologies dégénératives liées au vieillissement, et aux comportements. »
Le Maghreb est aujourd’hui confronté à une véritable « épidémie » d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) et d’infarctus du myocarde. « C’est un fardeau extrêmement lourd. L’hypertension artérielle, premier facteur de risque d’AVC, n’est pas assez prise en charge dans la région. Le tabagisme ne cesse de progresser, et avec les changements alimentaires, l’incidence du diabète a considérablement augmenté ces dernières années ». Hypertension, diabète, tabagisme, mauvaise hygiène alimentaire… Voilà le cocktail détonnant auquel doivent faire face la plupart des pays sur le chemin du développement.

Source : Interview Abdelhamid Aberkane, octobre 2010
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