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Dimanche 3 mai, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) confirmait un cas d’infection par un hantavirus sur un bateau de croisière, le MV Hondius, naviguant dans l’océan Atlantique. Cinq autres cas suspects étaient étudiés en laboratoire. Sur les six personnes touchées, trois sont décédées, une autre était dimanche prise en charge en soins intensifs en Afrique du Sud. « Des investigations approfondies sont en cours, y compris des analyses de laboratoire supplémentaires ainsi que des enquêtes épidémiologiques. Des soins médicaux et un soutien sont fournis aux passagers et à l’équipage. Le séquençage du virus est également en cours », a précisé l’OMS dans un message posté sur le réseau X (anciennement Twitter). Seules des analyses de sang permettront d’identifier le virus et de confirmer le diagnostic.
Les hantavirus sont des virus présents chez certains rongeurs. Ceux-ci présentent une infection asymptomatique et sécrètent le virus en grande quantité dans leurs urines, leurs selles ou leur salive. Les humains peuvent contracter l’infection en inhalant des gouttelettes de salive ou d’urine en suspension dans l’air, ou des poussières d’excréments provenant de rongeurs sauvages infectés. La transmission peut également, mais beaucoup plus rarement, survenir lors d’un contact direct entre une matière contaminée et si la peau présente une éraflure ou encore par ingestion d’aliments ou d’eau contaminés. La transmission interhumaine est beaucoup plus rare.
Selon Thomas Jeffries, maitre de conférences en microbiologie à la Western Sidney University, « dans un environnement clos comme un navire de croisière, deux voies de transmission du hantavirus sont possibles ». « La première est l’exposition au virus lors d’une excursion à terre. La seconde est l’introduction de rongeurs à bord, dissimulés dans la cargaison, qui auraient ensuite contaminé les passagers par leur urine ou leurs excréments. D’autres facteurs, tels que les normes d’hygiène et les pratiques de conservation des aliments, ont pu accélérer la propagation de l’infection », écrit-il dans un article publié sur le site The Conversation lundi 4 mai.
Selon le ministère de la Santé, quatre différents types d’hantavirus, responsables de la transmission de maladies à l’homme ont été isolés. Selon les espèces, le virus atteint les poumons ou les reins.
« L’OMS facilite la coordination entre les États membres et les opérateurs du navire pour l’évacuation médicale de deux passagers symptomatiques, ainsi que pour une évaluation complète des risques pour la santé publique et un soutien aux passagers restants à bord », note l’organisation internationale. Le responsable Europe de l’OMS, Hans Kluge lance un appel au calme. « Bien que sévères dans certains cas, elles ne se transmettent pas facilement d’une personne à l’autre. Le risque pour le grand public reste faible. Il n’y a aucune raison de paniquer ou d’imposer des restrictions de voyage »,
« Pour contenir cette épidémie suspectée, les autorités doivent d’abord s’assurer que tous les rongeurs sont confinés et retirés du navire en toute sécurité, poursuit Thomas Jeffries dans The Conversation. Elles doivent ensuite surveiller l’apparition de symptômes du hantavirus chez tous les passagers. Le virus est diagnostiqué par un test PCR, similaire à ceux utilisés pour diagnostiquer des virus comme la COVID-19. »
A ce jour, il n’existe pas de traitements ni de vaccins contre les hantavirus. La prise en charge consiste à soulager les symptômes. Notamment de l’oxygène et des médicaments pour stabiliser la pression artérielle pour l’atteinte pulmonaire ; une dialyse pour l’atteinte rénale.
A noter : afin d’éviter le risque d’infections, il est recommandé d’éviter les contacts directs avec les rongeurs, vivants ou morts, ou leurs excrétions ou leurs nids, d’éviter de pénétrer dans des locaux fermés ou abandonnés, de limiter l’exposition aux poussières lors du nettoyage des locaux restés longtemps fermés ou inoccupés, de lutter contre la présence des rongeurs (dératisation).

Source : The Conversation, le ministère la Santé, comptes X de l’OMS et Hans Kluge

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet