Accueil » Santé Publique » Radioactivité : le bouton indien bouté hors des ascenseurs

L’affaire pourtant, a fait grand bruit. Le mardi 7 octobre, des contrôles menés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans l’usine Mafelec révélait l’existence de plusieurs colis radioactifs. La marchandise, adressée par un sous-traitant indien, était destinée à l’ascensoriste Otis. L’information naturellement, a suscité l’inquiétude ….
Celle-ci était-elle justifiée ? Pas sûr. « Les expositions (qui en ont découlé) sont inférieures à l’exposition moyenne de la population française due aux sources naturelles (3,3 millisieverts pour une année) » rassure l’IRSN. « Elles ne représentent par ailleurs qu’une fraction de la dose résultant d’un examen au scanner (5 à 10 millisieverts par examen) ».
Par prudence, Otis a néanmoins décidé de vérifier, et surtout de remplacer l’ensemble des boutons fournis par le constructeur indien. « Soit 500 à 600 ascenseurs à contrôler » précise l’ascensoriste. Mais encore une fois, il ne s’agit que d’une mesure de précaution. « Car à ces niveaux de doses, l’usager ne s’expose pas à un risque réel de contamination » précise l’IRSN. De ce point de vue, vous pouvez donc prendre l’ascenseur sans risque.
Au-delà de « l’affaire du bouton », c’est bel et bien la porosité des mécanismes de contrôle douaniers encadrant le commerce mondial qui est une nouvelle fois pointée du doigt. Après les alertes sanitaires concernant les produits alimentaires chinois, c’est donc au tour de pièces industrielles indiennes radioactives de semer le trouble. Voilà qui devrait relancer le débat entre les tenants d’une mondialisation à tous crins, et les partisans d’un développement économique raisonné, d’abord soumis aux besoins de l’Homme.

Source : IRSN, ASN, 23 octobre 2008
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