Nous ne sommes pas tous égaux face aux rayons ionisants utilisés en radiothérapie contre le cancer notamment. Certains développeront des fibroses, d’autres non. Mais est-il possible de prédire quel patient en sera victime ? Une équipe de l’INSERM confirme l’intérêt d’un test permettant d’identifier les malades qui seront indemnes de séquelles après radiothérapie. Et donc, d’adapter la dose au cours du traitement. Explications.

La radiothérapie est un des traitements utilisés contre le cancer. La dose de radiations délivrée se mesure en gray (Gy). « Les rayons détruisent les cellules cancéreuses de manière localisée. Cependant, ils induisent également la mort de certaines cellules saines (apoptose) dans le champ d’irradiation », précise l’INSERM.

Des chercheurs de l’Unité INSERM 1194 « Institut de recherche en cancérologie de Montpellier » ont évalué chez 500 patientes atteintes du cancer du sein et traitées par radiothérapie, le taux d’apoptose radio-induite lymphocytaire (TALRI) à 8 Gy. Il s’agit d’estimer comment réagissent certaines cellules à l’exposition aux rayons ionisants. Ces cellules, prélevées par prise de sang, sont ainsi testées en laboratoire. Le résultat est obtenu en 72 heures.

Les patientes ont ensuite été suivies pendant trois ans afin d’évaluer les séquelles tardives mammaires (fibrose). Objectif : développer un test prédictif fonctionnel de radiosensibilité des tissus.

Une simple prise de sang

Résultat, « les femmes ayant un taux TALRI élevé ont un très faible taux de fibrose tardive mammaire », observent les auteurs. « En revanche, la quasi-totalité des patientes qui présentent une fibrose élevée correspondent au groupe avec un TALRI bas, prédictif de séquelles plus importantes. »

« Cette étude multicentrique [permet d’] envisager la possibilité d’augmenter de manière localisée la dose totale de radiation ou de modifier les volumes ciblés sans compromettre les résultats du traitement », explique David Azria, principal auteur de l’étude.

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