La réconciliation sur l’oreiller, ça marche?

[12 mai 2017 - 14h39] [mis à jour le 12 mai 2017 à 14h41]

La tension monte, le ton aussi, la colère est à son summum…bref vous êtes en conflit avec votre conjoint ! Rien de méchant apparemment puisque dans l’heure qui suit, vous retrouvez fougue et complicité sous la couette en guise de pardon. Mais le sexe doit-il vraiment être considéré comme un remède à la dispute ? 

Que faire quand votre couple traverse quelques minutes voire quelques heures de conflit ? Crier le plus fort possible pour vous faire entendre ? Prendre ses distances le temps de décompresser et d’y voir plus clair sur le nœud du « problème » ? S’expliquer pour exposer son point de vue et surtout comprendre celui de l’autre ? Les solutions sont multiples. Et il n’existe pas de recette en amour. Ainsi dans certains cas, le sexe vient mettre fin aux conflits. Faire l’amour peut en effet aider à atténuer les sensations de colère, d’incompréhension ou encore de tristesse qui jaillissent d’une dispute dans le couple.

De la colère à l’envie…

Et pourtant comme le rappelle le Dr Gérard Leleu, « on ne peut pas offrir son corps à l’autre lorsqu’on est en conflit, lorsqu’on a du ressentiment, que l’on dévalorise l’autre ou qu’il nous dévalorise ». Mais juste après le pic de colère, lorsque les mots ont été posés, l’envie de sensualité et de proximité peuvent s’emparer de l’un des membres du couple qui contaminera son conjoint. Ou le désir de sexuel peut aussi se déclencher en simultané chez les deux amoureux lorsque la fusion est optimale.

Cette envie souvent irrépressible de se faire l’amour vient comme un besoin de donner et de recevoir de l’autre. En parfait contraste avec la distance et la froideur éprouvées quelques minutes ou heures auparavant, ces retrouvailles crapuleuses surviennent lorsque l’intensité de l’échange conflictuel est à son summum. Et que la force des sentiments, de l’alchimie aussi, ne peuvent en supporter plus.  Comme le dit Gérard Leleu à ce sujet, « la force du désir est proportionnelle à la force du manque ». La prise de distance et la tension créent elles aussi une amplification du désir !

Soigner le mal… par le bon

Marque du poids de l’amour, ce dénouement au cœur de la sexualité est impossible sans communication préalable. En écoutant, en parlant, en comprenant, on retrouve l’envie de plonger dans le regard de l’être aimé, on récupère la confiance dans l’autre, l’envie de lâcher-prise avec lui ou elle. Ces retours en zone de paix sous la couette ne doivent donc pas être considérés comme un remède automatique à la dispute. Place à la parole ! Sans vraie explication, aucun câlin ne viendra en effet réparer ces petites failles qui forgent la relation dans le temps… autant qu’elles peuvent creuser un fossé dans le couple sur le long terme si les choses ne sont pas dites. Si cette technique de la réconciliation sous la couette se répète dans le temps, elle risque de lasser, de procurer un plaisir de moins en moins intense. Et surtout de révéler un problème de compréhension mutuelle plus profond que l’on pourrait penser.

Une histoire de profils

Tout dépend aussi «  de la typologie du couple », souligne Béatrice Cuzin, sexologue à Lyon. « Quand le couple s’entend bien sexuellement et intellectuellement et que le conflit n’est pas en lien avec des évènements graves, çà peut être un moyen de se pardonner sans verbaliser. » En revanche, « s’il existe un comportement de domination et une personnalité perverse cela peut être malsain et participer au scénario de domination de l’autre ». Enfin, s’il n’existe aucune personnalité pathologique et que l’entente sexuelle n’est pas au rendez-vous, cette technique n’est pas non plus une bonne solution.

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