Accueil » Santé Publique » Santé : la grande inégalité

« Les déterminants des inégalités sociales de santé sont hors du système de santé » explique l’éditorial de Thierry Lang (Université Paul Sabatier de Toulouse). Alors, quels sont ces déterminants ? Le rôle du contexte professionnel en tout état de cause, est majeur. Par exemple et concernant le cancer du poumon, 50% de la surmortalité des ouvriers est liée aux expositions qu’ils encourent sur les lieux de travail.
Le lecteur ne sera pas surpris naturellement, que le niveau de revenu individuel joue un rôle important. Aujourd’hui encore, un véritable « gradient social » oppose les cadres et les membres des professions intermédiaires aux employés et ouvriers. Après 60 ans, les ouvriers déclarent deux fois plus souvent que les cadres des incapacités et des difficultés à préserver leur autonomie au quotidien. Même constat chez les ouvrières et les agricultrices de 25 à 65 ans, dont le suivi gynécologique est moins régulier que celui des cadres et professions intermédiaires.
« De façon générale, les plus favorisés (plus instruits, avec de meilleures conditions de travail ou des revenus plus élevés) déclarent moins de problèmes de santé – ou des problèmes moins graves – que les autres » expliquent les auteurs. « Et les inégalités sociales de santé apparaissent dès l’enfance ».
L’obésité chez les 5-6 ans
Les enfants seraient-ils victimes des « dommages collatéraux » provoqués par ces inégalités? Selon les données recueillies en 2005-2006 auprès d’un échantillon supérieur à 23 000 écoliers, 12,1% des 5 à 6 ans étaient en surcharge pondérale. Et parmi ces derniers, 3,1% se trouvaient en situation d’obésité. Les plus touchés étaient les enfants d’ouvriers.
On ne sera pas surpris d’apprendre que l’obésité infantile est directement fonction du manque d’exercice, du temps passé devant un écran et de la prise ou non, de petits-déjeuners réguliers… Une meilleure information, des effots d’éducation appuyés et ciblés sont donc indispensables pour lutter contre la sédentarité et la malbouffe. Et cela dès le plus jeune âge, et dès le début de la scolarisation. ous ne manquerons pas de revenir très prochainement sur ces sujets.

Source : BEH, InVS, n°8-9, 8 mars 2011
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