Santé mentale : les jeunes LGBT souffrent de la stigmatisation

[13 décembre 2018 - 14h54] [mis à jour le 13 décembre 2018 à 17h07]

Les adolescents appartenant aux minorités sexuelles seraient plus fragiles face aux symptômes dépressifs. Un risque rapporté à partir de l’âge de 10 ans par des chercheurs britanniques.

Selon des scientifiques britanniques (University College London), les symptômes dépressifs et les épisodes d’auto-mutilation sont plus fréquents chez les minorités sexuelles, comparées à la population hétérosexuelle.

Pour le prouver, les chercheurs ont recruté 4 843 jeunes âgés de 10 à 21 ans. Nés entre avril 1991 et décembre 1992. Une grande majorité s’identifiait comme hétérosexuelle (87%) et 13% comme « gays, lesbiennes, bisexuels ». A partir d’un questionnaire, la compilation des symptômes dépressifs a été effectuée à plusieurs reprises entre 10 et 21 ans.

Résultats,  « les symptômes dépressifs sont plus fréquents chez les minorités sexuelles comparée à la population hétérosexuelle ». Ces jeunes sont particulièrement à risque « à partir de l’âge de 10 ans. Ces symptômes s’accentuent ensuite au fil de l’adolescence, puis cette fragilité s’atténue à partir de 18 ans ». Pour quelles raisons ? « Sûrement grâce à l’impact psychosocial positif de la prise d’autonomie », suggèrent les auteurs.

Autre donnée, « entre 16 et 21 ans, les minorités sexuelles souffrent quatre fois plus d’épisodes d’automutilations comparées à la population hétérosexuelle ». Le sur-risque est le même concernant « les automutilations considérées comme tentatives de suicide ».

Les clichés perdurent

« Cette étude reste observationnelle », note le Dr Gemma Lewis, principale auteure de l’étude. « Mais elle met en évidence la fragilité de la santé mentale des minorités sexuelles qui trouve en partie son explication dans l’hostilité potentielle et la pression sociale associées à la discrimination ».

« C’est très inquiétant », continue le Dr Gemma Lewis. « Certes, les mentalités évoluent dans le bon sens mais la santé mentale des jeunes restent impactée sur le long terme » par cette discrimination. « Il est impératif de trouver une nouvelle façon d’atteindre ces jeunes pour qu’ils aient accès à des services de qualité, sociaux et médicaux, dès le plus jeune âge. Les clichés et les concepts rigides associés aux minorités sexuelles doivent évoluer à l’école et dans la société en général. »

A noter : au Royaume Uni, 1 jeune sur 25 de la génération 16-24 ans est gay, lesbienne ou bisexuel. Les minorités comprennent aussi celles et ceux qui « ne se sentent pas exclusivement hétérosexuels. Ou ceux qui ne sont pas certains de leur orientation sexuelle ».

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