La septicémie est à l’origine d’atteintes musculaires sévères. Celles-ci expliquent les lourdes séquelles des patients après la réanimation. Une équipe française propose une approche thérapeutique fondée sur la greffe de cellules souches permettant de restaurer, chez l’animal, les capacités musculaires. Les premiers résultats se révèlent très encourageants.

La septicémie, également appelée sepsis, est une réponse inflammatoire généralisée de l’organisme, en réaction à une infection sévère. Très fréquente, elle touche 28 millions de personnes dans le monde et provoque 8 millions de décès chaque année. Malgré les progrès de la médecine, la mortalité reste de 27% en France. Dans sa forme la plus sévère, le choc septique, elle peut atteindre 50%. Par ailleurs, les patients qui survivent présentent de graves séquelles, notamment neurologiques et musculaires, qui les handicapent lourdement et les empêchent durablement de retrouver une vie active normale.

Après une septicémie chez la souris, certaines « cellules souches voyaient la masse de leurs mitochondries chuter drastiquement », ont observé des chercheurs de l’unité d’Histopathologie humaine de l’Institut Pasteur, en collaboration avec un groupe de recherche de l’unité Cellules souches et développement (Institut Pasteur/CNRS). « Ces petits organites constituent les centrales énergétiques de la cellule : elles produisent l’ATP, la molécule-carburant nécessaire à toute réaction chimique », expliquent-ils.

Or après un sepsis, « les quelques mitochondries subsistant dans les cellules satellites leur permettaient tout juste de maintenir un fonctionnement minimal de survie, mais n’étaient pas suffisantes pour assurer leur division et leur différenciation en cellules musculaires en cas de besoin (croissance musculaire, réparation et maintenance) ». L’organisme ne parvenait donc pas à restaurer les fonctions musculaires. Ce qui explique le déficit persistant observé chez les patients.

Recourir à la greffe de cellules souches

Comment permettre à l’organisme de récupérer ses capacités musculaires ? Les chercheurs se sont tournés vers la greffe de cellules souches dites mésenchymateuses. Sur un modèle murin, une telle greffe directement au niveau intramusculaire a permis de diminuer le niveau d’inflammation globale et les symptômes associés : fièvre, atonie (absence de tonus), les molécules inflammatoires etc…

Une analyse histologique après la greffe a permis de mettre en évidence que les cellules souches mésenchymateuses venaient supporter les cellules satellites en souffrance sans s’y substituer. Ensuite, elles étaient éliminées par l’organisme, alors que la greffe permettait de restaurer pleinement les dysfonctions mitochondriales et les capacités métaboliques et de division des cellules satellites. Ces résultats encourageants devraient permettre de poursuivre ces travaux prochainement chez l’humain.

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