Sexualité : apprivoiser son stress pour renouer avec le désir

22 janvier 2026

Santé, travail, famille… Les effets du quotidien sur notre santé sexuelle s’avèrent complexes. Avec en première ligne, le stress qui se pose volontiers en farouche adversaire du désir. Pour tout le monde ? Etat des lieux.

« Une certitude, le stress exerce un impact sur la sexualité, et en particulier le désir », pose la sexothérapeute Diane Deswarte. Avec une tendance à plutôt l’éteindre, voire à l’annihiler. A cela, plusieurs explications.

Sur le plan biologique, « le stress augmente la production de cortisol, qui agit sur nos hormones sexuelles et donc sur la libido», enchaîne-t-elle. En effet, cette hormone se montre particulièrement utile en cas de peur. De façon schématique, elle conduit notre corps à se mobiliser pour la fuite ou le combat, ce qui ne nous enjoint pas à aller vers l’autre… Par ailleurs, de nombreuses études ont établi une association entre taux de cortisol élevé et taux de testostérone faible. Au passage, la testostérone n’est pas l’apanage des hommes : elle joue également un rôle dans le désir de la femme.

Le stress augmente la charge mentale : lorsque notre cerveau déborde de questionnements et autres craintes, désirs et sexualité peuvent avoir tendance à être relégués à un second plan.

Le stresse nous met de la distance de nos sensations : « en cas de stress, nous éprouvons les pires difficultés à nous concentrer sur nos sensations et à être en pleine conscience du moment», ajoute Diane Deswarte.

Un exutoire, parfois…

La sexothérapeute précise toutefois que chez certaines personnes « le stress peut avoir un effet inverse sur leur sexualité, dans le sens où celle-ci va être considérée comme un exutoire ». Et une manière finalement de l’éloigner !

Travailler sur la source de son stress

Au-delà de ces derniers cas, « tout ce qui va diminuer le stress va exercer un impact positif sur le désir », reprend-elle. A ses yeux, il convient d’abord de se pencher sur les raisons de son stress, afin d’y remédier. « En sexothérapie, il est courant d’explorer des sujets comme l’activité professionnelle, la situation familiale, parentale etc. » D’autant plus qu’un état de stress va altérer également la qualité du sommeil, avec potentiellement aussi, un effet négatif sur le désir. « C’est très multifactoriel », synthétise-t-elle.

La clé : la respiration

Pour se rapprocher de ses propres sensations, elle préconise des exercices de respiration, qu’ils soient pratiqués au long cours ou avant un rapport sexuel. « Il s’agit d’un super outil : elle permet d’être plus conscient du moment présent, de ressentir plus de sensations. Car elle va venir détendre le corps. Car plus nous sommes sur une corde détendue, moins nous sommes sous pression et plus nous allons ressentir de plaisir et de désir. »

  • Source : Interview de Diane Deswarte, 19 janvier 2026 - Mües HM, Markert C, Feneberg AC, Nater UM. Too stressed for sex? Associations between stress and sex in daily life. Psycho neuro endocrinology. 2025 Nov;181:107583

  • Ecrit par : David Picot – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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