SIDA : les trithérapies ont fait fondre la mortalité… dans les pays riches !

11 juillet 2003

L’introduction en 1996 de nouveaux traitements antirétroviraux a bouleversé le pronostic de l’infection à VIH. Dans les pays développés, le passage de la séropositivité au SIDA déclaré, ainsi que la mortalité ont diminué de 8% tous les six mois depuis 1998.

C’est ce qu’il ressort d’un travail de suivi mené entre 1994 et 2002 sur plus de 9 000 patients, à travers 70 centres de soins, en Europe, en Argentine et en Israël. Les auteurs ont ainsi observé que l’incidence des cas de SIDA clinique avait chuté de 50% dans la période 1998-2002 par rapport à 1996-1997.

Quant au risque de décès, il a été réduit de 40%. Chez le séropositif il est désormais possible d’empêcher le passage au stade clinique du SIDA, et cela pendant des années à condition de bien suivre le traitement. Mais ce dernier point pose encore de réels problèmes. Car si ces traitements sont extrêmement efficaces, ils comportent des inconvénients parfois majeurs. Ils présentent des effets secondaires très difficiles à supporter pour les patients.

Ils constituent par ailleurs une contrainte lourde pour les malades, obligés de prendre parfois jusqu’à 10 médicaments voire davantage, chaque jour. L’introduction toute récente de traitements à prise unique représentera une amélioration conséquente, c’est certain. Mais il n’en demeure pas moins que, même la question du prix de revient éventuellement réglée, le fardeau des infrastructures – humaines et matérielles – nécessaires à la mise en oeuvre comme au suivi des traitements excède largement les capacités contributives des pays les moins favorisés.

La réponse sur ce point, ne pourra venir des producteurs de médicaments mais des gouvernements. Ceux des pays riches mais aussi des pays bénéficiaires des aides, qui parfois ne font pas non plus tout ce qu’ils pourraient pour favoriser la diffusion de ces traitements. Car comment expliquer qu’ils réclament parfois le versement de droits de douane ou autres à ceux qui leur envoient des médicaments à titre humanitaire… ?

  • Source : The Lancet vol. 326

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