Selon le Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le nombre d’interventions chirurgicales est en hausse à l’échelle planétaire. Mais les pays pauvres restent en marge de cette amélioration de l’accès aux soins.

Ces 10 dernières années, la pratique de la chirurgie a progressé à l’échelle mondiale. « En 2012, un total de 312,9 millions d’opérations ont eu lieu dans le monde. Soit une augmentation de 38% comparée à 2004 », explique l’OMS.

Les inégalités perdurent

Dans les pays aux dépenses de santé très faibles, le nombre d’intervention est passé de 394 à 666 opérations pour 100 000 habitants par an  (+69%) entre 2004 et 2012.  Mais des disparités subsistent entre les pays riches et les pays pauvres. Ainsi seuls « 30% des actes chirurgicaux sont pratiqués dans les pays dont les dépenses de santé annuelles par habitant sont inférieures à 400 dollars (368 euros) ». Soient 5 milliards de personnes répertoriées à l’échelle mondiale.  Pourtant « la chirurgie peut sauver des vies et permet de prévenir des incapacités à long terme en raison de blessures, infections, cancers et pathologies maternelles », précise le Pr Thomas Weiser (Centre médical de l’Université Stanford).

Des interventions mal ciblées ?

« Les pays réalisent plus de césariennes par habitant que dix ans auparavant », indique le Dr Walter Johnson, coordinateur du Programme de l’OMS pour les soins chirurgicaux Essentiels et d’Urgence. « Mais d’autres interventions d’urgence ne sont tout simplement pas disponibles pour la majorité des personnes dans les pays à revenu faible et intermédiaire ». Pourtant depuis mai 2015, le développement des soins d’urgence, les soins chirurgicaux essentiels et l’anesthésie sont intégrés dans la mise en place de la Couverture sanitaire universelle.

A noter : Seuls 66 des 194 Etats membres de l’OMS disposaient d’informations sur l’accès aux soins chirurgicaux.  Pour rédiger ce Bulletin, « nous avons dû extrapoler les chiffres pour les autres pays (…) Les responsables politiques et les donateurs doivent disposer de données de meilleure qualité sur les besoins non satisfaits en chirurgie pour apporter le soutien nécessaire au renforcement des systèmes de santé ».

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