Sommeil, anti-âge, musculation… L’Inserm met en garde contre les dangers des peptides

10 février 2026

Sur les réseaux sociaux, les peptides font l'objet d'un véritable engouement. Ils sont présentés comme la solution pour prendre du muscle, gommer les effets du temps, mieux dormir.... Mais que dit vraiment la science sur ces molécules aux propriétés supposées extraordinaires ? L'Inserm fait le point.

Les peptides sont de petites chaînes d’acides aminés qui constituent les protéines de notre organisme. Ils jouent principalement un rôle de messagers, transmettant des signaux aux cellules pour réguler diverses fonctions biologiques.

Si notre corps produit naturellement ces molécules, elles peuvent également être synthétisées en laboratoire. La médecine les utilise d’ailleurs depuis plus d’un siècle dans de nombreux domaines. L’insuline utilisée contre le diabète est l’exemple le plus connu. Plus récemment, l’Ozempic, qui connaît un succès fulgurant, contient un peptide synthétique mimant l’action du GLP-1, une hormone qui régule la glycémie et réduit l’appétit.

Pour d’autres actions vantées sur les réseaux sociaux, la science se veut plus prudente. Sur son « Canal Détox », consacré aux fausses informations en matière de santé, l’Inserm a débunké certaines de ces promesses.

Anti-âge : des résultats bien modestes

Les scientifiques restent prudents concernant les peptides « anti-âge ». Certaines études suggèrent que des crèmes à base de peptides comme le palmitoyl pentapeptide (plus connu sous son nom commercial, Matrixyl) pourraient légèrement atténuer l’apparence des rides, mais ces recherches impliquent généralement peu de participants et couvrent des périodes très courtes, de deux à trois mois maximum.

Aucune preuve solide ne démontre donc un effet durable sur le vieillissement cutané.

Bronzage artificiel : attention danger

Le Melanotan II, surnommé « Barbie », est vendu comme un moyen de bronzer sans s’exposer au soleil. Pourtant, l’American Cancer Society et plusieurs autorités sanitaires internationales mettent sévèrement en garde contre son utilisation. Parmi les risques identifiés : l’apparition de nouveaux grains de beauté, maux de tête, vomissements, réactions allergiques et hypertension. Plus inquiétant encore, des cas d’apparition de mélanomes peu après l’utilisation de ce produit ont été rapportés.

Performances sportives : pas plus d’efficacité

Les peptides dits « de croissance » comme le CJC-1295, l’Ipamorelin ou le GHRP-6 sont souvent présentés comme des alliés pour développer sa masse musculaire.

En réalité, leur efficacité n’a été démontrée que chez les personnes souffrant d’une carence avérée en hormone de croissance, sous prescription et suivi médical rigoureux. Pour les adultes en bonne santé, les études sont rares, limitées et peu concluantes.

L’Endocrine Society (la principale société savante d’endocrinologie dans le monde) alerte sur les dangers de s’injecter ces substances sans supervision médicale. En perturbant l’équilibre hormonal, ces peptides peuvent entraîner une augmentation de la glycémie, des douleurs articulaires chroniques et une rétention d’eau importante.

« Plus inquiétant encore, une exposition prolongée pourrait, à long terme, favoriser des changements durables dans la forme des os, des organes, ou des muscles rappelant l’acromégalie, une maladie rare due à une production excessive d’hormone de croissance, lance l’Inserm. Et en stimulant la croissance cellulaire, ces peptides pourraient potentiellement accroître le risque de progression de certains cancers, comme ceux de la prostate, du côlon ou du sein. »

Enfin, « certaines personnes prennent des peptides de manière expérimentale dans l’espoir de guérir une blessure, d’améliorer leur mémoire, de booster leur libido, ou encore d’augmenter leur longévité, en s’appuyant sur des études réalisées sur des cellules cultivées en laboratoire ou sur des rongeurs. Problème : ces substances n’ont jamais fait l’objet de tests rigoureux chez l’humain (…) leur dosage et leur pureté ne sont pas garantis. Cela expose celles et ceux qui les expérimentent à des risques de contamination ou à d’autres dangers graves pour la santé ».

En résumé, « les peptides ne sont ni un remède miracle contre tous les maux, ni un élixir de jeunesse, conclut l’Inserm. Et dans la plupart des cas, des thérapies ou des moyens de prévention bien plus sûrs et éprouvés existent. Pour la peau par exemple, la crème solaire reste ainsi le meilleur rempart contre le vieillissement prématuré et les risques de cancer ».

  • Source : https://presse.inserm.fr/canal-detox/vieillissement-performances-sportives-sommeil-que-dit-vraiment-la-science-des-peptides/

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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